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mercredi 30 novembre 2016

L'hyperthyroïdie féline



« L'hyperthyroïdie féline est la maladie endocrinienne la plus fréquente dans l'espèce féline et touche selon les études 8,9 à 11,4 % des chats âgés » (1).
Elle est liée dans plus de 95 % des cas à une tumeur sécrétante bénigne (adénome) et exceptionnellement à une tumeur maligne contrairement au chien (2).


Les symptômes :


-une perte de poids
-une certaine nervosité qui peut aller jusqu'à l'agressivité
-une polyphagie : appétit augmenté
-un syndrome polydipsie-polyurie : soif augmentée comme l'émission des urines.
-des troubles digestifs comme vomissements et diarrhée.
-des troubles de la régulation thermique : la chaleur est mal supportée.
-des anomalies cardiaques notamment de la tachycardie, présence d'un souffle cardiaque parfois.
-une insuffisance rénale secondaire : à surveiller.
-d'autres symptômes moins fréquents comme des hémorragies oculaires et des troubles respiratoires.

Le diagnostic :


-La clinique observée permet une orientation médicale en direction de cette affection.
Elle peut être validée par la présence d'un nodule en région cervicale.
-L'échographie permet de mettre en évidence la tumeur et de réaliser un bilan d'extension local.
-Le laboratoire va permettre de poser un diagnostic de certitude avec le dosage de la T4 basale et éventuellement de la TSH.
-La scintigraphie permettra de localiser les tissus sécrétants et d'éventuels tissus ectopiques cervicaux ou médiastinaux.

Les traitements :


1)- classiques :


Trois options sont envisageables :

-La chirurgie consiste à, l'ablation de la tumeur.
-La radiothérapie à l'iode radio-actif (131) dans un établissement spécialisé comme l'Ecole vétérinaire d'Alfort. Cela nécessite une hospitalisation de 15 jours. Il n'y a que peu de complications ou d'hypothyroïdie secondaire. Cependant cette méthode est onéreuse.
-Le traitement médical : il consiste en l'administration de médicaments anti thyroïdiens qui seront donnés à vie.
Deux molécules sont actuellement disponibles :

-Le Thiamazole (Felimazole) :

Il est prescrit au début à la dose d'un comprimé à 2,5 mg matin et soir et nécessite de surveiller les fonctions rénales et hépatique ainsi que la NF au bout de quelques semaines de traitement.
Il peut être la cause de perte d'appétit et parfois de vomissements (15 % à 20 des cas selon les auteurs) de troubles cutanés comme du prurit et la formation de croûtes sur le crane et le cou. (2 % des cas). Tous ces effets secondaires disparaissent avec l'arrêt du traitement.

-Le Carbimazole (Vidalta) :

C'est un précurseur du Thiamazole
La posologie initiale est d'un comprimé à 15 mg par jour.
Comme effets indésirables parmi les plus fréquents : des vomissements, de la diarrhée (10 % des cas) une baisse d'appétit, de la tachycardie , des perturbations de la NF et parfois des troubles dermatologiques (prurit).

Ces médicaments sont à éviter en cas d'hépatite primaire grave, de diabète sucré, d'une maladie auto-immune ou des perturbations du sang (thrombopénie, anémie, leucopénie...).
De même en cas de gestation et d'allaitement.

2)- de phytothérapie :




- Lycopus europaeus TM :

Le lycope (Lycopus europaeus, L. virginicus) est probablement la plante la plus efficace pour diminuer l’activité de la thyroïde (3) C’est une lamiacée vivace qui se trouve  dans les lieux humides, les bords des cours d’eau, les marécages et les fossés humides. 
Cette plante est en teinture-mère. 
La posologie chez le chat est d'une goutte par kg et par jour : à répartir en 2 prises.
En raison de la présence de l'alcool, ce médicament doit être dilué dans un peu d'eau.





3)- d'homéopathie :


-Iodum :

L'iode est indispensable pour le fonctionnement des hormones thyroïdiennes.
Des intoxications à l'Iode ont montré des symptômes caractéristiques de l'hyperthyroïdie.
Il est donc capable de traiter ces mêmes troubles quand il est prescrit en doses infinitésimales par le principe homéopathique de la loi de similitude. « Iodum s'avère fidèle dans son action » (4).
Il pourrait être prescrit en 5 CH ou 9 CH à raison d'une prise de 3 granules matin et soir.
Ses dérivés (Arsenicum iodatum, Calcarea iodata, Kalium iodatum, Natrium iodatum, Sulfur iodatum) peuvent être aussi utilisés en fonction de la pathogénésie observée.
Natrum muriaticum peut être complémentaire en présence d'un chat maigre et constipé.

-Thyroïdinum ou Thyroïdea :

C'est de l'extrait de la thyroïde prélevé sur des animaux de boucherie.
Il est surtout utilisé en basses dilutions (5 CH) en cas d'hypothyroïdie pour stimuler la glande.
En théorie, les hautes dilutions devraient être freinatrices,mais cette action n'est pas toujours ici observée. Donc prudence car  les hautes dilutions de Tyroïdinum  sont parfois stimulatrices (4): se limiter à 9 CH.

-Chromium sulfuricum 7 CH : en cas de tachycardie, exophtalmie et faiblesse musculaire avec parfois des troubles moteurs : 3 granules , 2 fois par jour.

_Lycopus virginicus 7 CH : exophtalmie, tachycardie importante avec un coeur irrégulier avec  tendance à la diarrhée : 3 granules, 2 fois par jour.

-Vespa complexe Lehning n°46 :

Ce complexe homéopathique contient  aussi du Lycopus virginicus et aussi des composés iodés comme Arsenicum album et Kalium iodatum..
Le solvant étant de l'éthanol à 47 % il est difficilement utilisable chez le chat



Cependant, je connais des confrères qui l'utilisent à la posologie d'une goutte par kg de poids à répartie en 2 prises quotidiennes.

  • Médicaments complémentaires :

    -Cardine 5 CH :
Les chats atteints d'hyperthyroïdie présentent souvent des troubles cardiaques.
Un médicament d'organothérapie Cardine 5 CH peut être alors prescrit en complément du traitement.

       -le Sérum d'anguille 5 CH :

En raison d'une hypertension, les chats hyper-thyroïdiens sont souvent en insuffisance rénale. Ce médicament sera donné matin et soir à raison de 3 granules par prise. Un contrôle régulier de la fonction rénale est recommandé (1).



Pour conclure, en plus de ces traitements, qu'ils soient allopathiques ou phyto-homéopathique, il est bon de prévoir une alimentation pauvre en iode, cet oligoélément étant nécessaire à la synthèse des hormones thyroïdiennes. Les aliments les plus riches en iode sont à éviter :  le sel, les produits laitiers (fromages), le jaune d'oeuf, la charcuterie (jambon) les poissons de mer (morue fraiche, sardines, maquereau, saumon fumé...) et les crustacés (crevettes dont les chats sont souvent friands!)..
La maison d'aliments Hill’s a formulé une nourriture carencée en iode : le YD prescription Diet.

Bibliographie sommaire :


(1)- Gérer l'hyperthyroïdie par Miguel Campos . La Dépêche Vétérinaire du 28 novembre 2016.
(2)- Dictionnaire Pratique de Thérapeutique du Dr Robert Moraillon et col. Editions Elsevier Masson
(3) -Moore, Michael, « Specific Indications for Herbs in General Use » (3ème édition ).
https://www.altheaprovence.com/blog/hyperthyroidie/
(4) -Homéopathie : connaissances et perspectives des Drs A. Horvilleur et col. Editions Elservier Masson.

2 commentaires:

Arnaud Veto a dit…

Rappel :

Pour faire un commentaire ou poser une question, il faut aller dans les commentaires du démarrage du blog. Merci.
Aucune réponse ne sera donnée ici.

Ninotchka a dit…

Je viens de lire vos commentaires sur l hypertiroidie du chat. Puis je avoir vos conseils ?