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dimanche 29 janvier 2012

LES DERMATITES EOSINOPHILIQUES FÉLINES


Approche d'un traitement de phytothérapie et d'homéopathique :


Les dermatites éosinophiliques sont fréquentes chez les félins mais plutôt rares chez les canidés (1) .
Elles sont une réponse inflammatoire à des allergènes divers. Histologiquement, elles se traduisent par l’accumulation des globules blancs éosinophiles dan les tissus..

Elles se manifestent par différents types d’expression :

Syndrome éosinophilique
Dermatite miliaire
l'ulcère atone



A-Le complexe granulome éosinophilique (CGEF)
B- La dermatite miliaire.
C-Le syndrome éosinophilique

A- Le complexe granulome éosinophilique :

Il regroupe 3 grands syndromes (2)  :

-L’ulcère atone :
Il est presque toujours situé à la lèvre supérieur et habituellement, il n’est ni prurigineux, ni douloureux.
-La plaque éosinophilique :
Elle est souvent suintante et ulcérée et est responsable de vives démangeaisons. Elle se localise essentiellement à l’abdomen et sur la face interne des cuisses.
-Le granulome éosinophilique :
Il se présente sous forme d’un bourrelet induré, linéaire, dépourvu de poils, localisé en arrière des cuisses. Il peut aussi apparaitre dans la bouche et au niveau des pieds. Il est habituellement
 non prurigineux.

B- la dermatite miliaire ou eczéma miliaire :

Elle se manifeste par  la présence de nombreuses petites croûtes, focales, multifocales ou diffuses, associé à du prurit.  A la palpation la peau présente un aspect de papier de verre….
La localisation dorsolombaire est la plus fréquente mais la tête et le cou peuvent être concernés

C- le syndrome éosinophilique (3) :

C’est une entité clinique rare. Il se caractérise par une éosinophilie sanguine et tissulaire persistante.
Son pronostic est sombre. Et le traitement délicat. Il regroupe notamment les syndromes myéloprolifératifs ( leucémies) et le syndrome idiopathique.
Ces maladies sont à rapprocher de celles  existantes chez l’homme.

Traitements :


A-allopathiques : (3)

Il sera simplement évoqué car ce n’est pas le but de l’article.

1- la corticothérapie :

La Prednisolone  ( et methyl prednisolone) :
En traitement à court terme (cas aigu):
-Les comprimés  de prednisolone sont donnés à la posologie  de 1- 2 mg/Kg/jour, durant une à deux semaines par la voie orale, pouvant être associé à un spray à base d’acéponate d’hydrocortisone ( Cortavance ND) 
- L’injection retard d’ acétate de methylprednisolone à la posologie de 4à  5 mg/kg d’une durée d’action de 3 à 4 semaines.
En traitement au long cours : (entretien) :
 La méthode des jours alternés (CJA) est à conseiller :donner les comprimés un jour sur deux
Principales contre-indications:
Les mycoses, le diabète sucré, les rétroviroses.
Effets secondaires à long terme : boulimie, polydipsie et urie, prise de poids, Cushing iatrogène, diabète sucré  (80% de l‘origine des cas !) …+ cutanés (dépilations, alopécie, atrophie  et fragilité cutanée, hyper pigmentation, pelage terne…).
Cependant, les félins supportent mieux la corticothérapie que les canidés, tout au moins en cas de traitement d’ une durée raisonnable.

2-Les immuno-modulateurs :

Ces sont les inhibiteurs des calcineurines:

En médecine vétérinaire, ce sont la Ciclosporine (voie orale) et le Tacrolimus ( voie locale).
 -La voie générale : la ciclosporine:
La posologie de la ciclosporine ( Atopica  chat ND) chez le chat est de : 7 mg/kg/jour pendant 1 à 2 mois. Puis selon l’effet, le traitement peut-être donné tous les 2 jours et ensuite 2 fois/semaine.
Il n’y a aucune durée de limitation du traitement…
Les effets secondaires observés sont des troubles digestifs qui d’après le laboratoire Novartis passent avec un traitement symptomatique.
Les contre-indications
 Chez l’animal malade  (déjà immunodéprimé)ou le porteur « sain: »
 Par blocage des défenses naturelles, des maladies peuvent apparaitre comme la Toxoplasmose, notamment dans les traitements prolongés à doses journalières. Prudence !

La voie locale : Tacrolimus 
 Sa concentration est de  0,1 à 0,03 %  et il est appliqué deux fois/ jour en début de traitement.



3- Les acides gras essentiels :

Les acides oméga 3 et 6 :

Ils possèdent des propriétés anti-inflammatoires reconnues en dermatologie « allopathique »
L’acide arachidonique et les eicosanoides (2) sont les médiateurs des réactions allergiques.
Malgré que ces AGE se trouvent facilement dans la nature…, mais les laboratoires commercialisent souvent des produits parfois de synthèse…!


B- traitements homéopathique et de phytothérapie :


1-Traitement étiologique:

Il faut dans un premier temps éliminer les causes possibles de l’allergie :
-Traiter  l’animal  régulièrement contre les puces  !Elles sont responsables de plus d’une manifestation allergique sur deux chez le chat (6) !
Vermifuger  aussi le chat, 2 fois/ an, voire tous les 3 mois pour les chats « vadrouilleurs ».
-Traiter l’environnement contre les pneumo-allergènes comme les acariens des poussières de maison :
bien aspirer et utiliser des diffuseurs d’aérosols insecticides et acaricides, les « fogger », en l’absence des occupants…
-Donner une bonne alimentation : se méfier des aliments premier prix et faire confiance à des fabricants connus pour le sérieux de leurs produits. L'allergie alimentaire concernerait 10 % des cas de dermatite allergique chez le chat (8).
Les aliments responsables  (trophallergènes)  (4)  sont des protéines de poids moléculaire élevé ou de petites molécules, comme les additifs … C’est ainsi que l’on pourra rencontrer des allergies à la viande de bœuf, d’agneau, de poulet, au poisson, aux abats…Des aliments hypoallergéniques sont commercialisés à cet effet et permettent déjà de réduire le nombre de cas de ces dermatites. Souvent, ils contiennent des protéines d’origine végétale.
Le diagnostic de l'allergie alimentaire passe par le test de référence qu'est l'éviction/provocation/éviction durant des cycles de 6 semaines (8).
-Traiter le stress chez le chat dont l’expression peut-être cutanée ( plaie de léchage par anxiété).
Le Rescue sera alors prescrit  : lire l’article de blog.

2-Traitement curatif :

L’origine des dermatites éosinophiliques est le plus souvent allergique . Le chat atteint est souvent allergique à plusieurs allergènes qui peuvent être à la fois des pneumo et trop allergènes , c’est-à-dire des allergènes d’origine respiratoire et alimentaire..

 a)-Il faut donc soigner le TERRAIN:

Les oligo-éléments Manganèse et Soufre sont à prescrire dans tous les cas  car ils sont des antiallergiques  et désensibilisants universels. ( lire article du blog sur les oligo-éléments.).
Deux préparations de lithothérapie déchélatrice peuvent être prescrites (8) :
Pour le Manganèse : Pyrolusite DH 8 gouttes buvables , à raison de 5 gouttes ou 3 granules par jour.
Pour le Soufre : Soufre natif DH 8 gouttes buvables , à raison de 5 gouttes  ou 3 granules par jour.
A donner séparément et durant plusieurs mois !

b)- Il faut opérer  à une détoxification de l’organisme « psorique » et faire un drainage de la peau.
 
En homéopathie :
 Donnez Nux vomica 7 CH, remède de l'auto-intoxication de l'organisme, à raison de 5 gouttes ou 3 granules, une fois/ jour, 10 jours. Il est à prendre le soir car "il agit mieux pendant le repos du corps et de l'esprit"(Allen).
En phytothérapie:
- Le Chardon-marie: plante de la détoxification hépatique par des propriétés cholagogue et cholérétique.
- la Fumeterre: très bon cholagogue, en plus anti histaminique et "anti anxieux"(granulome de léchage!).
-La Bardane : normoglycémiante et drainante.

c)-Pour calmer symptomatiquement le prurit:

En homéopathie donner Urtica urens 5 CH ou Dolichos pruriens 5 CH à raison de 5 gouttes ou 3 granules, 3 fois/jour jusqu'à la sédation.
Pour l'ulcère atone de la lèvre supérieure, Kalium bichromatum 5 CH peut être donné (3 prises par jour de 3 granules).
En phytothérapie, donnez de la Pensée sauvage. Cette plante est anti inflammatoire,émolliente.

L'association  Fumeterre +Bardane + Pensé sauvage est indiquée dans le traitement des peaux enflammées sèches ou lichénifiées.
L'association Desmodium + Fumeterre + Pensée sauvage est indiquée dans les pathologies cutanées d'origine allergique.

 Remarque :
Toutes ces plantes existent en Extraits de Plantes fraiches Standardisés ou EPS et peuvent être  associées dans le même flacon.
La posologie est habituellement  d'un ml/5 kg de poids par jour et si possible à repartir en 2 prises.
Pour éviter de trop surcharger le foie, il est préférable de les administrer 5 ou 6 jours par semaine.
Le traitement doit être alors prescrit sur le long terme.

Une application sur les plaies de Calendula ou de gel d'Aloë vera peut se révéler utile pour calmer l'inflammation et favoriser la cicatrisation.

d)- Apporter des Acides Gras Essentiels :

Ils ne sont pas synthétisés par l’organisme et sont indispensables au bon fonctionnement de la peau.
En dehors des huiles végétales, ( Onagre…), la source la meilleure est l’huile de poissons de mer et non d’élevage  (car la présence des AGE dépend de l’alimentation du poisson en captivité !).
L’huile de saumon bio serait la plus adaptée au chat.
De nombreuses spécialités sont commercialisées par les laboratoires vétérinaires : Precium w, Viacutan, Sofcanis pelage,  Agepi Omega,  Megaderm, Vetheo pelage….(5)

e)-Si le traitement  de terrain ne suffit pas, alors il faut ajouter des plantes immuno-modulatrices

  La Griffe du Chat  (Uncaria tomentosa) est particulièrement active chez le chat  par des propriété à la fois anti inflammatoire et immuno-modulante. (lire l'article du blog sur cette plante).
Le Cassis bourgeons) (Ribes nigrum) : c'est un puissant anti-inflammatoire et un draineur universel.
Il agit en stimulant les glandes cortico-surrénales productrices d'une cortisone naturelle.


En conclusion :

 Les dermatites éosinophiliques sont à rapprocher de l’asthme.
Ces 2 affections se manifestent par des réactions allergiques face aux allergènes de l’environnement, l’une au niveau cutané, l’autre au niveau respiratoire.
 Elles pourraient être rassemblées sous la dénomination d’atopie féline, car le terme atopie veut dire « sans localisation  »
Mon confrère Pascal Prélaud préfère le terme dermatite allergique féline car cette pathologie ne répondrait pas aux critères de l'homme ou du chien (7).

Mon professeur d’homéopathie le Dr J. Joanny  nous disait lors de ses cours à propos de ces affections que c’était une porte de sortie pour les « humeurs  de l’organisme » . Aussi, disait il, « Vous allez bloquer, l’asthme et Vous verrez arriver l’eczéma au galop  et vice versa  !…Il faut les " canaliser" et c’est alors toute la difficulté …  » .


Bibliographie :

(1)- Thèse : Les dermatoses éosinophiliques du chien  Dr Fanny Altiery, vétérinaire, Université C.Bernard Lyon  le12/10/ 2010.
(2)- Mise au point sur les dermatoses félines deu Dr William Bordeau ( la Dépêche Vétérinaire n°1152-Janvier 2012)
(3)-Actualités en dermatologie féline du Dr Pascal Prélaud  vétérinaire (La  Dépêche Vétérinaire technique n° 125 -Novembre 2011).
(4) -Dictionnaire Pratique de Thérapeutique Chien, Chat, Nac des Drs R. Moraillon, Yves Legeay, Didier Boussarie, Odile Sénécat.  (7 ème édition).
(5)-Dictionnaire Médicaments Vétérinaires( le DMV) édition de 2011.
(6)- Webconférences /Mérial-Gedac du Dr Marie-Christine Cadiergues (service de dermato à l'ENVT) sur l'alopécie auto-induite et la dermatite miliaire (La Dépêche Vétérinaire n° 1242 janvier 2014).
(7)-Webconférences /Mérial-Gedac du Dr Pascal Prélaud  (11 mars 2014) : "Reconnaitre la dermatite allergique  féline" (La Dépêche Vétérinaire) n° 1259 ndu 17 mai 2014.
(8)-Allergie alimentaire : 10 % des cas de dermatite allergique chez le chat Dr E. Bensignor (La Dépêche Vétérinaire n° 1262 - juin 2014).
(8)-Nouvelles cliniques de lithothérapie  déchélatrice Dr M.Tetau et D.Scimeca.  Éditions Similia.

Cet article a été réactualisé en Décembre 2014 par son auteur.



A propos des dermatites allergiques chez le chat :


A l'occasion d'une webconférence organisé par Mérial/Gedac le 11 mars 2014, mon confrère le Dr P. Prélaud a précisé les caractéristiques de la dermatite allergique féline. (1)
Chez le chat, 3 origines sont possible :
-allergie aux puces.
-allergie aux aliments.
-allergie ni aux puces, ni aux aliments.
L'asthme félin,les conjonctivites allergiques, les troubles digestifs comme la MICI peuvent entrer dans le groupe des allergies félines.

Les présentations des critères de la dermatite allergique sont variés.
Favrot a établi une liste de 10 critères :
1)-Prurit initial
2)- Présence d'au moins de 2 types d'atteinte: l'alopécie extensive féline, dermatite miliaire féline, prurit cervico-facial, complexe granulome éosinophilique.
3)-Atteint d'au moins de 2 sites.
4)-Dermatite miliaire féline domine le tableau
5)-Lésions de dermatite miliaire, plaques éosinophiliques, ulcères au niveau de la face, lèvres, oreilles ou au cou.
6)-Alopécies extensive féline flancs,queue ou membres postérieurs
7)-Alopécies extensive abdominale.
8)-Pas de lésions érodées ou ulcérées des membres postérieurs.
 9)-Pas de lésion sternale ou axillaire.
10)-Pas de nodules ou tumeurs.

"5 critères permettent d'établir un diagnostic de dermatite allergique féline avec une spécificité de 75 %.
Avec 8 critères,le praticien a une quasi certitude de diagnostic" dit P. Prélaud.

Chez le chat,il faut toujours penser aux puces, à la teigne et aux troubles du comportement avant d'envisager une allergie.
Cependant,une fois les puces éliminées et le régime d'éviction réalisé, il reste peu de molécules pour soulager les animaux a conclu mon confrère . (1).

 (1)-Résumé de l'article provenant de la Dépêche Vétérinaire n° 1259 (17 mai 2014) : "Reconnaitre la dermatite allergique" d'Aurore Hamelin.


Quelques infos du blog qui ont été supprimés faute de place :

A propos des dermatites allergiques félines :

Une étude vient d'être faite par des vétérinaires dermatologues appartenant à 9 pays européens sur 502 chats présentant un prurit chronique.
Il ressort que 29% présentaient une DAPP ( dermatite par allergie aux piqures de puces), 12% une allergie alimentaire, 20% une autre allergie, et les 24% derniers avaient une dermatose d'origine non allergique (parasitaire à 29%, auto-immun à 12% et fongique à 11%).
Il existait peu de différence entre le groupe de chats à allergie alimentaire et les autres groupes.A noter toutefois que ces animaux présentaient plus fréquemment des troubles digestifs et une atteinte de la tête et de l'encolure.









mardi 3 janvier 2012

L'ASTHME FELIN


 Approche d'un traitement homéopathique
Photo du CHV Frégis

Cette affection concernerait 7 % de la population adulte française et toucherait 1% de la population féline et notamment 5% des chats siamois
.En raison de particularités anatomiques des bronches,bronchioles et alvéoles pulmonaires, le chat est sujet à des broncho spasmes, provoquant l'obstruction des voies respiratoires.
L’asthme du chat serait d’origine allergique et ferait partie de l’ATOPIE féline, à côté d’affections cutanées comme la dermatite miliaire, le complexe granulome éosinophilique félin.(allergie d type I).
Aucune étude n’a été faite pour savoir si une prédisposition génétique existerait chez les félins comme chez l’homme (gène ADAM33).
De même, aucune étude n’a été publiée d’une part sur l’impact de la pollution sur les bronches de nos compagnons et d’autre part sur le « surhygiène » qui entrainerait un manque d’auto-immunisation et qui expliquerait aussi la montée des allergies.
Tous les chats, q.q soit leur âge peuvent développer un syndrome asthmatiforme, mais il semblerait que les animaux âgés entre 1 à 8 ans soient plus particulièrement affectés.
Les chats obèses sont plus enclin à devenir asthmatique !


LES SYMPTÔMES:

Comme chez l’homme, l’asthme félin se manifeste par des crises de grandes difficultés respiratoires.
Le chat reste assis et tend le cou en avant et tire la tête vers le bas… Il respire la gueule ouverte , il présente des efforts respiratoires abdominaux …les pupilles sont dilatées, la langue souvent cyanosée ( bleue), le regard du chat est anxieux….
La crise peut ne durer que q.q minutes mais elle peut entrainer la mort par suffocation…

LE DIAGNOSTIC :

Il est essentiellement clinique :
En dehors des symptômes décrits précédemment, le chat présente à l’auscultation cardiorespiratoire, 2 types de bruits anormaux :
-Sifflements diffus, témoins d’une atteinte respiratoire profonde. Ces bruits, surtout expiratoires, résultent d’une diminution du calibre des bronches…
-Crépitements : Ces bruits discontinus égaux entre eux, apparaissent en début d’inspiration et /ou de l’expiration, sont plus facile audibles après la toux…(1).


L’examen radiologique n’apporte rien dans de bien intéressant pour le diagnostic de l’asthme.
La présence d’une éosinophilie sanguine, présente dans 75% des cas ne reste cependant qu’un élément d’orientation. Et non une certitude.
Le diagnostic par intradermo-réaction ( tests cutanées) présente peu d‘intérêt chez le chat : un test positif ne signifie pas nécessairement que le chat est atopique, de même qu’un test négatif ne veut pas dire que le chat n’est pas sensibilisé à cet allergène…
Le dosage des IgE sériques est encore à l’étude expérimentale… :

LES ALLERGÈNES RESPONSABLES :

Ce sont essentiellement des aéroallergènes :

-Pollens ( asthme saisonnier !)
- Poussières de maison : acariens : dermatophagoides farinae...
-Fumées :cigarettes, cheminée…
-Poussières : de la litière, tapis, des croquettes, des  plumes d'oreiller…
-Aérosols : parfums, désodorisants, insecticides…
-Produits ménagers : détergent, ammonium quaternaire…
-Agents parasitaires : allergènes de Toscara cati...Aelurostrongylus ...
-Produits chimiques, la pollution probablement…

Les trophallergènes ou allergènes alimentaires ne procurent que rarement une crise asthmatiforme chez le chat. Cependant, certains chats semblent répondre favorablement à une alimentation hypoallergénique, peut-être à cause du passage sous le seuil de sensibilité allergique bien que le facteur responsable soit un aéro-allergène.
Comme chez l’homme, le stress, l’exercice pourraient être aussi un facteur déclenchant de la crise d’asthme.


MÉCANISME D’ACTION :

« Le chat présente des particularités qui le prédisposent à l’asthme, notamment le caractère élastique du cartilage des voies respiratoires.
Lors de la présence d’aéro-allergènes au niveau bronchique, la fixation de complexes IgE-antigènes à la surface des mastocytes entraine leur dé granulation avec libération d’histamine, sérotonine, et divers cytokines pro-inflammatoires…, et l’afflux de granulocytes éosinophiles.
Parallèlement, le système orthosympathique est inhibé alors que le système parasympathique est stimulé.
Les conséquences sont un œdème et une infiltration cellulaire de la muqueuse bronchique et une broncho constriction et hypersécrétion de mucus, l’ensemble étant responsable d’un rétrécissement majeur des voies aériennes st de la crise d ‘asthme  » (2)


TRAITEMENTS:

1-/ D’éviction :

Les traitements d’éviction consistent à supprimer les facteurs responsables de l’asthme.
Il faut donc :
-supprimer les sources de poussière et l’ habitat des acariens ( tapis, coussins…)
-passer régulièrement l’aspirateur, muni d’un filtre anti-acarien
-laver régulièrement les lieux de couchage à l’eau chaude
-éviter les parfums, les aérosols, le tabac
- éviter de laver les sols à grande eau, car l’humidité est mauvaise pour les bronches !
-supprimer la nourriture déshydratée ( croquettes) à cause de la présence d’acariens de stockage? (publication du Dr Prost, vétérinaire dermatologue).

2-/ Traitement médical allopathique :

A) -Bronchodilatateurs :

Les principaux symptômes de l’asthme sont des sifflements , conséquences d’une broncho-constriction, d’où l’intérêt thérapeutique des broncho-dilatateurs :

- Les Methylxanthines ,dont la théophylline:

La théophylline favorise le relâchement des muscles lisses bronchiques et du diaphragme ( Dilatrane ND
posologie  : 5 à 7,5 mg/kg/12 heures).(6)

B)- Glucocorticoïdes :

La Dexamethasone et la Prednisolone sont les plus utilisées en présentation orale ou injectable à action immédiate ou retard…Posologie de la Prednisolone : 2,5 mg au départ au départ à 1 mg /semaine en traitement d’entretien (6).
Leur emploi à long terme n’est pas sans effets secondaires ( polyurie, polyphagie, polydipsie…).

C)-l’Aérosolthérapie : (nébulisation ou spray doseur) :




:

Des corticoïdes comme la Fluticasone, des bronchodilateurs comme le Salbutamol, plus connu sous le nom de Ventoline chez l’homme sont utilisés et permettent d’utiliser de très faibles doses de médicament pour obtenir de bons effets thérapeutiques avec un minimum d’effets secondaires!

D)- Immuno-modulateurs :

La ciclosporine (Atopica ND) permet d’éviter la dégranulation des mastocytes qui alors libèrent de l’histamine de la sérotonine…, génératrices de la crise d’asthme.
Cependant, cette molécule peut présenter sur certains chats des effets de hépato, néphro, voire neuro-toxicité. De plus son coût de revient est élevé pour une utilisation à long terme



3-/ Traitement homéopathique :

L’asthme félin fait partie des maladies « atopiques « du chat, au même titre que le complexe granulome éosinophilique et la dermatite miliaire…..

A)- traitement de fond :

-Manganèse et soufre :

Comme dans toutes les maladies allergiques, l’apport de Manganèse et de Soufre est nécessaire:
Pyrolusite DH 8 gouttes buvables + Soufre natif DH 8 gouttes buvables, à raison de 5 gouttes de chaque produit / jour. Ces 2 oligoéléments sont reconnus comme ayant des propriétés antiallergiques et désensibilisantes. Ils sont aussi des modificateurs du terrain.
Il a été prouvé chez l’homme que les sujets atteints d’atopie assimilaient mal le Manganèse, d’où l’intérêt d’un apport supplémentaire sous forme de complément alimentaire chez ces malades.

-Thymuline 7 CH ou 9 CH :

La Thymuline est l’une des hormones produites par le thymus qui a un rôle important dans la maturation des lymphocytes T, agents de l’immunité. La concentration de 9 CH a une action modulatrice sur cette hormone et donc tempère les réactions du système immunitaire face à l’allergène.
Donnez une dose / semaine., minimum de 6 mois. Ce traitement peut être renouvelé.


B)- traitement de la crise :

- Poumon-histamine 7 CH ou 9 CH :

C’est le médicament à donner dans un premier temps pour améliorer rapidement l’état de détresse respiratoire : Poumon -histamine 7 CH, toutes les 2 à 3 heures!
Il peut être associé à Bradykinine 9 CH pour calmer le broncho spasme.

- Autres médicaments homéopathiques: à associer en fonction des symptômes observés : (3)+(4)+(5).

-Ipeca : en cas de respiration sifflante, très forte dyspnée, aggravation par les temps humides et le mouvement. Toux sèche, parfois nauséeuse (vomissements). Souvent prescrit chez le chat en 9 CH.

-Senega : en cas de grande accumulation de mucosités dans les bronches, expectoration difficile.
Parésie bronchique, aggravation à l’air frais et le matin. Toux violente. IL peut être prescrit en 1X à 3 X dans les cas graves.
-Antimonium Tartaricum :en cas de dyspnée intense et tendance à l’asphyxie. Toux grasse avec expectoration peu abondante et difficile.
-Kalium carb. :en cas de toux sèche, pénible, étouffante surtout nocturne. Sécrétions bronchiques peu abondantes . D’après Kent : Kalium carb. a l’une des plus violentes toux de tous les remèdes de la matière médicale.
-Ammonium carb. : en cas de râles thoraciques analogues à des ronflements provoqués par l’accumulation de mucus difficile à expulser. Toux incessante principalement la nuit. Tendance à la défaillance cardiaque.
-Blatta orientalis : en cas de crise consécutive à des travaux dégageant de la poussière….
-Lobelia inflata : en cas d'hyper salivation, dépression générale aggravée par le mouvement.
 Souvent prescrit chez le chat. 



Cette liste pourra être modifiée par l’auteur de cet article

Ces médicaments homéopathiques seront prescrits en basse dilution et seront renouvelés plusieurs fois dans la journée, jusqu’ amélioration !

Les traitements de l’asthme sont souvent prescrits à vie. Les traitements allopathiques classiques peuvent devenir à long terme nocif… Les traitements homéopathiques, en soignant le terrain , permettent de limiter les crises et présentent le grand avantage de ne générer aucun effet secondaire.

Toutefois, ces traitements nécessitent une bonne connaissance de la matière médicale ou le concours d’un vétérinaire « homéopathe » car l’asthme du chat, comme celui de l’homme peut être mortel !
Donc prudence dans l’auto-médication de Votre chat asthmatique….

 Cat Woman, blogueuse a écrit le 14 mai 2012 dans les commentaires du blog :

"Voici donc le traitement que je donne à ma chatte asthmatique et ce depuis début 2012 (dans sa nourriture car elle refuse la pipette) et la chatte n'a fait aucune crise depuis 11 mois :

chaque matin :
5 granules de Poumon histamine 9CH
+ 5 granules d'ammonium carbonicum 4CH
+ 5 granules de natrum sulfuricum 5CH
+ 20 gouttes de soufre natif 8dh
+ 20 gouttes de pyrolusite 8dh

chaque soir :
5 granules d'ammonium carbonicum 4 CH

1 fois par semaine : 1 dosette de Thymuline 9CH

Ponctuellement : si j’entends qu'elle respire un peu fort comme si elle ronflait alors qu'elle est éveillée, je lui donne 1 dosette ou 10 granules de Senega 4CH.

Et un immense merci au docteur Arnaud sans qui ma chatte continuerai à s'empoisonner avec la cortisone !" 


4-Traitement de phytothérapie :

Différentes plantes peuvent être données . Parmi les plus utilisées par mes confrères :


-Le Desmodium :

Cette plante tropicale possède des propriétés relaxantes des muscles respiratoires et aussi une action anti histaminique vraie.

-Le Plantain :

Il est à la fois un antispasmodique bronchique et  et antihistaminique par inhibition des IgE.
C'est un bon anti tussif.

-Le Cassis :

C'est un bon anti inflammatoire en agissant par stimulation des cortico-surrénales pour la production d'une cortisone naturelle. Les bourgeons seraient encore plus actifs.

-Le Réglisse :

Cette plante possède des propriétés anti-inflammatoire et immuno modulatrice. Elle évite "l'emballement immunitaire"...
Cependant à utiliser avec prudence sur le long terme car il existe un risque d'hypertension et de rétention sodée. Elle est donc contre indiquée en cas d'insuffisance rénale.
Tout cela s'explique par la la présence de la glycyrrhizine  et  et son dérivé, l’acide glycyrrhizique.
Il semblerait que  la réglisse déglycyrrhizinée (DGL) serait moins efficace par la disparition des saponosides qui ont un effet fluidifiant.

 -La Viorne (Bourgeons) :

elle a une une triple action: elle combat le spasme bronchique,l'allergie et l'anxiété. 
Elle peut être donnée en macérat glycérinée en DH1 : VIBURNUM LANTANA Bg, Mg, DH1

-Le Noisetier (bourgeons) :

Il combat la sclérose pulmonaire qui est la conséquence de l'asthme. Sous l'effet des crises répétées d'asthme, le poumon perd de sa souplesse et se durcit.
Il peut être donné en macérat glycériné en DH1 :CORYLLUS AVENA Bg, Mg, DH 1

-La Griffe du chat ( Uncaria tomentosa) :

Cette plante présente aussi des propriétés immuno-modulatrices et peut-être aussi prescrite à  la posologie de 20 mg /kg/ jour
Suite à la disparition du laboratoire vétérinaire Abivet, après le décès de son directeur M. Redon, le Catclovir  n'existe plus. Je ne connais pas d'autre  présentation vétérinaire.

Attention, les présentations humaines ne sont pas toujours adaptées au poids d'un chat ! Bien respecter la posologie !

CONSEIL PRATIQUE: Il est conseillé d'associer plusieurs plantes pour avoir un effet thérapeutique meilleur.
Par exemple
- En EPS :   Cassis+Desmodium+Plantain à raison d'un ml / 5 kg du mélange en cure de 5 ou 6 jours sur 7 pour éviter de saturer le foie : Une seule plante contient plus de 200 principes actifs ! 
- En macérats glycérinés :  Cassis + Viorne + Noisetier, à raison d'une goutte / kg /jour de chaque plante prise séparement.



Bibliographie :

(1)- Nouveautés thérapeutiques dans l’asthme du chat: Thèse de doctorat vétérinaire de Victoria Vanneph ( Faculté de Créteil 2009).
(2)- L’Asthme félin : Aurore Hamelin La Dépêche vétérinaire N° 1060.
(3) -Homéopathie vétérinaire H. Quiquandon.
(4) -Dictionnaire d’homéopathie pour nos animaux de compagnie Dr P. de Wailly.
(5)-Thérapeutique homéopathique M.N Issautier.
(6)-Diagnostic et traitement de l'asthme félin . Anne Thébault. Le Pont Vétérinaire n° 248.

Messages  du blog qui ont été supprimés faute de place :

A propos de l'asthme et les affections respiratoires du chat( notamment la bronchite chronique, souvent confondue et associée à de l'asthme...).

Action des huiles essentielles :
 

"Les huiles essentielles contenues dans l'Inhalvet ND (produit commercialisé par le laboratoire Vet essentiel): HE de Ravintsara et HE d'Eucalyptus radié sont connues et reconnues pour leur effet antiviral, antibactérien, tonifiant et stimulant immunitaire.L'HE d'Eucalyptus mentholé apporte une action mucolytique à cette synergie.

Pour l'INHALVET ND, 2 voies d'administration sont possible, par voie atmosphérique et par voie systémique:

-Pour la voie atmosphérique, il faut utiliser -soit un diffuseur à ultrasons ou à effet venturi (en vente à "nature et découverte" ou en pharmacie) car il ne faut jamais bruler les huiles essentielles- soit ajouter 5 à 10 gouttes d'Inhalvet dans un bol d'eau bien chaude, les vapeurs qui s'en échappent vont emmener avec elles les molécules d'huiles essentielles. Je conseille 1/4 heure matin et soir pendant 5 à 7 jours

-Pour la voie systémique, il faut appliquer 1 à 2 gouttes (suivant la taille du chat, son age et son état général) matin et soir (voir 3X/j si gros coryza mais pendant max 5 jours) sur la peau du cou en arrière des oreilles (idem anti-puce) les huiles essentielles passent rapidement la barrière cutanée et se retrouvent dans le sang puis dans les poumons en 1/2 heure environ (l'haleine du chat va sentir les huiles essentielles!). Il faut bien contrôler l'absence de réaction locale avant d'appliquer l'Inhalvet car des irritations ou allergies sont toujours possible!

La durée du traitement peut varier en fonction de l’état du patient (âge, fonction hépato-rénale, degré d’infection….). Je conseille une durée initiale de 5 à 10jours à dose forte puis diminuer la fréquence (3 ou 5 jours par semaine) ou le dosage 1 goutte par jour pendant un mois".

Dr Joëlle Robyns, vétérinaire, du laboratoire vétérinaire Vet essentiel.



A propos des dermatites allergiques chez le chat :


A l'occasion d'une webconférence organisé par Mérial, le 11 mars 2014, mon confrère le Dr P. Prélaud a précisé les caractéristiques de la dermatite allergique féline (1).
Chez le chat, 3 origines sont possible :
-allergie aux puces.
-allergie aux aliments.
-allergie ni aux puces, ni aux aliments.

L'asthme félin,les conjonctivites allergiques, les troubles digestifs comme la MICI peuvent entrer dans le groupe des allergies félines.

Les présentations des critères de la dermatite allergique sont variés.
Favrot a établi une liste de 10 critères :
1)-Prurit initial
2)- Présence d'au moins de 2 types d'atteinte: l'alopécie extensive féline, dermatite miliaire féline, prurit cervico-facial, complexe granulome éosinophilique.
3)-Atteint d'au moins de 2 sites.
4)-Dermatite miliaire féline domine le tableau
5)-Lésions de dermatite miliaire, plaques éosinophiliques, ulcères au niveau de la face, lèvres, oreilles ou au cou.
6)-Alopécies extensive féline flancs,queue ou membres postérieurs
7)-Alopécies extensive abdominale.
8)-Pas de lésions érodées ou ulcérées des membres postérieurs.
 9)-Pas de lésion sternale ou axillaire.
10)-Pas de nodules ou tumeurs.

"5 critères permettent d'établir un diagnostic de dermatite allergique féline avec une spécificité de 75 %.
Avec 8 critères,le praticien a une quasi certitude de diagnostic" dit P. Prélaud.

Chez le chat,il faut toujours penser aux puces, à la teigne et aux troubles du comportement avant d'envisager une allergie.
Cependant,une fois les puces éliminées et le régime d'éviction réalisé, il reste peu de molécules pour soulager les animaux a conclu mon confrère.

Effectivement les traitements allopathiques se limitent aux corticoïdes, à la ciclosporine...
les complications iatrogènes liées aux traitements ne sont pas à négliger : syndrome de Cushing, diabète, fragilité cutanée, décoloration des poils..., avec les corticoïdes.
Contre indications des ciclosporines :  chat Felv + ou ayant eu des tumeurs.., sans parler de son mauvais goût pour le chat !

Heureusement que l'autre solution est l'homéopathie secondée par la phytothérapie (lire l'article du blog sur les dermatites éosinophilques félines.

 (1)-Article provenant de la Dépêche Vétérinaire n° 1259 (17 mai 2014) : "Reconnaitre la dermatite allergique" d'Aurore Hamelin.