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vendredi 8 janvier 2010

L'atopie canine


A PROPOS DE LA DERMATITE ATOPIQUE



La dermatite atopique (DAC) est en progression chez l’homme comme chez l’animal depuis ces dernières années. Elle toucherait 10 % de la population canine. En cinq ans, elle a doublé chez l’homme, notamment chez l’enfant (20 % seraient atteints).

Cette affection frapperait principalement les populations « surprotégées ». Le système immunitaire surprotégé par les vaccinations, les antibiotiques et les soins sophistiqués… donc « mal éduqué », se dérèglerait en l’absence de maladies infectieuses. Il n’y a que peu d’allergie dans les mégapoles hyper polluées du tiers-monde (Docteur F. HIBOU, Laboratoire Welleda).

Elle peut se définir comme une réponse d’hypersensibilité excessive et inadaptée du corps, dirigée contre des substances étrangères, classiquement non menaçantes. Elle correspond à une production inappropriée d’anticorps spécifiques, les IGE, dirigée contre les allergènes aériens (aeroallergènes : acariens,poussières de maison, moisissures, pollen…), alimentaires (trophoallergènes : œufs, bœuf, poulet, agneau, produits laitiers,levure de bière(?), colorants, conservateurs…) ou provenant de piqûres d’insectes (puces). Un régime d'éviction alimentaire est conseillé dans tous les cas de DAC.
Les aliments industriels "hydrolysés"contribueraient à limiter la DAC.

Cette hypersensibilité résulte d’une prédisposition génétique héréditaire.

La dermatite atopique se révèle plutôt chez le jeune adulte. L'apparition des premiers symptômes se situe entre 6 mois et 3 ans. D'après mon confrère Pascal Prélaud, les biopsies cutanées et les tests allergologiques n'ont aucune valeur diagnostique.
 Les races les plus touchés sont le Westie, Le Bouledogue français , le Sharpei, le Golden Retriever, le Labrador, le Boxer...
Cette affection représenterait selon mon confrère le Dr D. Carlotti, diplômé du Collège européen de dermatologie vétérinaire, 20 % des dermatoses canines et serait en nette augmentation, comme chez l'homme, à la suite l'augmentation de la pollution...
Plusieurs études récentes révèlent :
-que les allergènes alimentaires ne sont responsables que dans 25 % des cas.
- que dans 75 % des cas, ce sont les allergènes environnementaux les responsables de la dermatite canine.
L'altération de la barrière cutanée pourrait permettre la pénétration des allergènes.
Ainsi, les topiques et shampoings spécifiques présenteraient un intérêt non négligeable dans la conduite du traitement. Ils permettent de contrôler la maladie en restaurant la barrière cutanée.
 Un 1/3 des chiens atopiques développent une allergie aux piqûres de puces.

Diagnostic : 

L'International Task Force on Canine Atopic Dermatitis indique les critères de diagnostic :

-Premiers symptômes avant 3 ans.
-Vie essentiellement à l'intérieur.
-Prurit sine materia (sans lésion) au début.
-Atteinte des pieds antérieurs.
-Atteinte des 2 pavillons auriculaires.
-Pas d'atteinte du bord des oreilles.
-Pas ou peu d'atteinte dorsolombaire ( = symptôme évocateur d'une DAPP !).

Critères de diagnostic de la DAC d'après Prélaud et coll. :

-Apparition des symptômes entre 6 mois et 3 ans.
-Prurit cortico sensible.
-Pododermatite bilatérale érythémateuse inter digitée antérieure
-Erythème de la face interne des pavillons auriculaires.
-Chéilite inférieure.

 Sans traitement, l’affection évolue en excoriations, lichénification, hyper pigmentation…et devient chronique.

Les traitements classiques : 

-La cortisone, les cyclosporines (Atopica ND)… bloquent cette hyper-réactivité face aux allergènes, au moins le temps du traitement, mais ne sont pas sans effets secondaires.
Quant à la désensibilisation , d'après le Dr P.Prelaud : "elle n'est pas suffisante pour contrôler de façon radicale et définitive un cas de DAC, mais elle permet dans 60 à 80 % de limiter les interventions thérapeutiques..."

-Depuis q.q mois, un  nouveau traitement allopathique vient d'être commercialisé par le laboratoire Zoetis. sous le nom d'Aquovel.
Ce médicament allopathique inhiberait un enzyme (le Janus kinase) ayant un rôle important dans le déclenchement du prurit.
D'après le laboratoire, "il aurait une efficacité dans les 24 h et aurait un profil d'innocuité supérieur au versus corticoïdes"...Reste à savoir si le maitre du chien atopique sera contraint de donner ce traitement, me semble t-il symptomatique  durant toute la vie de son compagnon comme avec les corticoïdes et les immun o-modulateurs ou suppresseurs?

-De même, la désensibilisation nécessite un traitement à vie et ne donne pas toujours les résultats escomptés, car les allergènes responsables sont souvent multiples et pas toujours faciles à trouver.


Mon traitement :

1)-Soigner  le terrain :

En fait, à coté des allergènes, il y a un terrain réceptif, et soigner le terrain parait être utile.
 Il se trouve que les organismes atopiques assimilent mal le manganèse. Cet oligoélément est l’antiallergique universel et un modificateur de terrain.

Il peut être associé au soufre, qui est le désensibilisant universel, voire au cuivre en cas d’infection cutanée.
Il est préférable d’administrer les oligo-éléments à jeun.
Des présentations de lithothérapie déchélatrice* comme la Pyrolusite en 8 DH (manganèse) , le Soufre natif en 8 DH (soufre) et l'Azurite DH 8 (cuivre) semblent bien convenir à cette indication dermatologique.
La posologie est de 5 gouttes pour un chat et de 5 à 20 gouttes pour un chien .
Il est préférable les donner séparement comme d'ailleurs pour tous les médicaments de lithothérapie.
Le laboratoire des Catalyons (oligoéléments naturels ionisés) commercialise depuis peu une présentation vétérinaire : Animalyon beauté ((Zinc, Soufre, Cuivre, Magnésium, Silicium) qui pourrait aussi convenir . Cependant, il manque le Manganèse !
Ce traitement de fond doit être poursuivi durant 3 à 6 mois et même durant toute la vie du chien.

2)-Drainer :

Au début de tout traitement pour rendre l'organisme réceptif à la médication !
Environ durant une huitaine de jours .Renouvelable ! Drainez :

-la peau : avec des médicaments homéopathiques comme Viola tricolor 3 DH ou Lappa major 3 DH.
-les émonctoires (foie, rein ,intestins), d’où l’intérêt d’associer des plantes « amies » du foie et des reins*: Artichaut, Pissenlit, Orthosiphon, le Desmodium,  Chardon marie* …) ou des préparations homéopathiques comme Chelidonium majus + Taraxacum + Solidago + Carduus marianus  ââ en  4 DH.

3- Calmer l'inflammation :

Avec des plantes aux propriétés anti allergiques et anti inflammatoires comme le Desmodium (anti histaminique),  la Pensée sauvage (émolliente et drainante), la Bardane (sébo-régulatrice) le Cassis (anti inflammatoire) le Fumeterre (anti prurigineux)....
Ces plantes peuvent être données en EPS (Extraits de Plantes fraiches Standardisés) et seront prescrites dans un premier temps durant 3 semaines puis suivies de cures de 5 jours par semaine pour éviter de saturer le foie, organe de détoxification des substances venues de l'extérieur et notamment les composantes des plantes.
 L' association de ces 3 plantes est souvent employée  : Desmodium  + Bardane +  Pensée sauvage ou Fumeterre selon le tableau clinique observé.
En fonction de l'évolution de la dermatite, il est bon parfois de changer de plantes.

Un supplément nutritionnel,l' ABV K-TAR, a retenu mon attention. Sa composition a été mise au point par  mon confrère, le Dr Nicolas Baudin du laboratoire ABV* : il contient à la fois les oligo-éléments Soufre et Manganèse et des plantes drainantes  comme le Solidago, l'Artichaut....

4)-Apporter des probiotiques  :

Les allergènes, notamment alimentaires, franchissent la barrière intestinale, en particulier quand cette dernière est endommagée. C’est le syndrome de perméabilité intestinale (leak gut syndrom). L’organisme va produire des anticorps pour combattre la pénétration dans la circulation des « éléments étrangers » impropres à la consommation (peptides, protéines… non suffisamment transformés par les différentes étapes de la digestion).
 Il semblerait que cette perméabilité de l'intestin serait due à un déficit de sécrétion de mucus.


Cependant les probiotiques* apportés en supplément vont renforcer la barrière en la tapissant et auraient un rôle d’écran protecteur.
 Les probiotiques vont assurer une barrière protectrice contre le passage d'allergènes alimentaires..

Il a été prouvé, en médecine humaine, que les femmes recevant des probiotiques durant leur grossesse, accouchaient d’enfants moins sujets à l’atopie (études au CHU de Besançon).


5)-Apporter en complément des acides gras insaturés et de la Vitamine E  :

On peut aussi adjoindre des compléments  riches en acides gras insaturés productrices de prostaglandines, inhibant le développement des inflammations et influant positivement sur le système immunitaire : les huiles végétales : lin, onagre, bardane*, bourrache... et les huiles de poissons gras  (sardine, maquereau...ou saumon bio).
Remarque : il semblerait que chez les carnivores les AGE sont mieux assimilés quand ils sont d'origine animale plutôt que végétale.

Par ailleurs, il a été démontré que l'apport de vitamine E est recommandée dans le traitement de certaines maladies d'origine immunitaire, la dermatomyosite, le lupus discoïde érythémateux, le pemphigus érythémateux et l'épidermolyse bulleuse....et la dermatite atopique.
On en  trouve en grandes quantités dans l'huile de germes de blé  et accessoirement dans l'huile de tournesol.


6)- Topiques cutanés : 

Les brossages quotidiens et le recours à des shampoings émollients représentent la base de tout traitement des chiens atopiques.
Les topiques ont une grande importance pour restaurer la barrière cutanée, endroit de pénétration es allergènes.Ils se présentent sous forme de shampoing,spray, mousse pipettes spot on.
Une étude récente (2013) faite par mon confrère Bensignor montre tout l'intérêt d'une alternance shampoing (une fois/semaine) et mousse (2 fois/semaines).

 Conclusion :


Quelque soit le traitement prescrit, il apparait que malheureusement l'observance est en pratique mal réalisée, peut-être par un manque d'informations données par le vétérinaire ou  par un découragement du maitre devant la difficulté à appréhender cette maladie, notamment d'un point de vue financier.

Lire aussi les articles du blog :*

-les probiotiques.
-La lithothérapie déchélatrice.
Les plantes diurétiques
-Le Chardon-marie
-Le Desmodium
-La Bardane.
-Le site du Dr Nicolas Baudin : aquabiovet@net



L'article avait été publié dans la Semaine vétérinaire en 2009.
Article réactualisé en juin et novembre 2014.



1 commentaire:

Arnaud Veto a dit…

En cas de commentaire ou de question, veuillez les écrire dans démarrage du blog (2009). MERCI.