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vendredi 2 février 2018

 
 Les acides gras essentiels

Les acides gras polyinsaturés (AGPI)

Ils sont indispensables à la vie car notre organisme ainsi que celui des carnivores ne savent pas les fabriquer.
Ce sont l'acide alpha-linolénique (série oméga 3) et l'acide linoléique (série oméga 6) ainsi que leur famille  qui en découle : EPA et DHA pour l'acide alpha-linolénique, DHGA pour l'acide linoléique.
Chez le chat, un troisième acide gras est indispensable, c'est l'acide arachidonique.

Sources :

Les AGE peuvent provenir de graisse animale ou végétale.
Cependant, les chiens et les chats absorberaient moins bien les acides gras essentiels provenant de végétaux .
Il n'est pas recommandé de donner à son animal comme unique source d'AGPI une huile végétale, comme l'huile de lin, ou de colza.
Il faut privilégier les AGPI d'origine marine.
Il s'agit des huiles de poissons de mers froides (sardine, hareng, maquereau, saumon) ou de krill (crevettes).
Dans sa thèse (4), un de mes consœurs, le Dr Charlotte Devaux, indique les posologies suivantes pour l'huile de krill :
Pour le chat : 5 à 25mg/kg/j
Pour le chien : 25 à 80mg/kg/j

« Pour un chat de 5kg présentant une dermatite miliaire ou une insuffisance rénale chronique que l’on souhaite traiter à une dose moyenne de 15mg/kg/j on donnera 1 capsule de 500mg d’huile de krill par semaine.
Pour un chien de 10kg traité pour une dermatite atopique ou une arthrose à une dose moyenne de 50mg/kg on administrera une capsule par jour ».



Il est important que les huiles de poissons soient contrôlées au niveau des métaux lourds (mercure, plomb...), des polluants (PCB, dioxines...). .



Rôle des omégas 3 et oméga 6 (1) :



Dans l'organisme, les oméga 6 sont plutôt pro-inflammatoire, pro-aggrégant plaquettaire et vaso-constricteur. Les oméga 3 sont plutôt anti-inflammatoire, anti-aggrégant plaquettaire et vaso-dilatateur.
On considère que l'équilibre optimal entre oméga 6 et oméga 3 pour l'organisme sain est environ 5 fois plus d'oméga 6 que d'oméga 3 sur des animaux en bonne santé.


Indications des omégas  (2) :


1)- en néphrologie :


il est acquis que les oméga 3 accroissent le taux de filtration glomérulaire et du débit sanguin rénal et réduisent l’hypertension glomérulaire contrairement aux oméga 6.
Chez le chien une supplémentation de la ration en oméga 3 a des effets bénéfiques sur l’insuffisance rénale : diminution de la protéinurie, créatininémie et des lésions rénales, augmentation de la filtration glomérulaire.
Chez le chat l’augmentation d’EPA dans la ration aurait un effet préventif sur l’IRC et la survie du chat .
Il y a un consensus général sur l’utilisation d’EPA lors d’IRC chez le chat.


2)- en dermatologie :


Les AGPI présentent une bonne efficacité sur les états cutanés kérato-séborrhéiques.
Les oméga 6 participent à la maintenance de l’imperméabilité cutanée, car ils sont présents dans les céramides du stratum corneum, et à l’amélioration de la qualité du pelage ou d’une peau sèche sans inflammation. Attention un excès d’apport
d’oméga 6 peut conduire à une réponse pro-inflammatoire et augmenter l’inflammation au niveau de la peau et des autres
organes.
Chez le chien de nombreuses études ont prouvé leur intérêt dans l’arsenal thérapeutique de la dermatite atopique chronique (avec un consensus général pour une utilisation des oméga 3) :
- effet anti-inflammatoire,
- effet d’épargne de la cyclosporine, permettant de diminuer les doses chez des chiens atopique :
  restauration des propriétés de barrière de la peau,
  effet anti-prurigineux plus ou moins important


3)- en cardiologie :


Des études ont démontré que chez les chiens atteints de cardiomyopathie dilatée la survie de l’animal étant au final augmentée et de même chez des chiens atteints de maladie valvulaire dégénérative.
Un apport d’EPA et DHA aide à réduire l’arythmie ventriculaire du boxer lors de cardiopathie arythmogène du ventricule droit.


4)- en tant qu'anti inflammatoires :


-arthrose :
Plusieurs études ont démontré des résultats positifs des oméga 3 (EPA, DHA) sur l’arthrose du chien, notamment en cas d'arthrose de la hanche du coude et du grasset. Une supplémentation en EPA et DHA permet de diminuer les doses de carprofen chez des chiens atteints d’arthrose
chronique.


-asthme :
Dans l'asthme félin : Jérome Leemans de l'Université de Liège conseille d'associer les omégas 3 à la lutéoline, plante immuno-régulatrice.


5)- en cas d'insuffisance hépatique :


Ils diminuent la lipolyse tissulaire par l’action des prostaglandines,
Ils permettent la synthèse hépatique à partir d’acides gras saturés de phosphoaminolipides qui sont des formes de
transport assurant le drainage des graisses du foie.
ils ont, de plus, un rôle protecteur vis à vis de l’hypercholestérolémie et de l’athérosclérose.


6)- en cas de diabète :
Ils diminuent la surcharge graisseuse du foie chez le diabétique
et augmentent la sensibilité à l’insuline.


7)- en neurologie :
Il est recommandé, au vue des nombreuses études réalisées, d’apporter du DHA pendant la gestation, la lactation et après le sevrage pour un développement optimal du système nerveux chez les chiots et les chatons.
Chez l’animal, une carence en oméga 3 induit des déficiences visuelles (carence en DHA de la rétine) (14), une perturbation et un vieillissement prématuré de l’audition, une altération du goût et une réduction des capacités d’apprentissage chez le jeune animal.


8)- pour le sport :
Ils sont un très bon combustible énergétique. Ils permettent une augmentation des aptitudes sportives.


9)- convalescence de maladies :
Des chiens traités par chimiothérapie pour lymphome ont vu leur temps de survie et l’espace entre deux récidives augmentés.


10)- pour le vieillissement :
Les oméga 3 ont un effet positif sur la réponse immunitaire des vieux chiens.


EN PRATIQUE :


La durée d’utilisation recommandée des oméga 3 pour une action anti-inflammatoire est de 4 à 6 semaines pour avoir un début d’efficacité et de 8 à 12 semaines pour un effet maximal.
Ma consoeur le Dr Géraldine Blanchard conseille (1) :
« En rationnement ménager : il faut au moins 5% de l'énergie sous forme d'huile de colza ou de soja pour apporter suffisamment d'AGE à un adulte en bonne santé.
Grossièrement, il faut 5 ml d'
HUILE DE COLZA pour 5 à 10 kg de poids corporel, pour un animal en bonne santé (attention valeur indicative, variable selon l'animal et la ration).
HUILE DE POISSON ... (en plus de l'huile de colza) :
COMBIEN ? une gélule de 500mg d'huile de poisson riche en oméga 3 par tranche de 5kg de poids pour chien ou chat en bonne santé est une dose bien adaptée.

Elle peut devoir être doublée dans certains cas pathologiques ».



Les acides gras insaturés, étant très sensibles à l'oxydation, il faut les protéger de l'air et de la lumière même s'ils sont associés à un anti oxydant. comme la vitamine E : il est recommandé d’apporter au moins 0,5 mg de vitamine E /kg de poids corporel (5).



Leur apport peut se faire en toute sécurité par des gélules ou capsules, qui sont avalées ou ouvertes sur le repas au moment de le consommer (pas à l'avance), ou en flacon doseur dit airless (le flacon contient une poche où l'air n'entre pas quand l'huile en sort). (3).


Bibliographie :


http://www.vetup.com/articles-veterinaires/63-vetup/alimentation-veterinaire/276-huile-de-pois
http://www2.vetagro-sup.fr/bib/fondoc/th_sout/dl.php?file=2012lyon041.pdf
Charlotte DEVAUX
http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=715 François, Bernard, Jacques, Louis BAECKEROOT





































jeudi 14 décembre 2017

LES MICI chez les carnivores domestiques

 


Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin résultent d'une inflammation chronique intermittente ou continue du grêle ou du colon.
Ces maladies n'ont pas une cause unique identifiée. Elles semblent être multifactorielles : prédisposition génétique, flore intestinale particulière, dysfonctionnement du système immunitaire.
Il pourrait s'agir d'une réponse inappropriée à la flore microbienne endogène de l'intestin, avec ou sans composant d'auto immunité (1).
Chez le chat, les MICI peuvent être associées à des cholangites et à la pancréatite.


Les symptômes :


Diarrhées en cas d'atteinte du colon
Vomissements associés éventuellement en cas d'atteinte de l'estomac et du grêle
Amaigrissement
Léthargie 

Le diagnostic (2) :


- par la biochimie  :
Il y a une hypoprotéinémie, hypoalbuluminèmie si l'inflammation a un caractère excudatif.
Les folates, la Vitamine B 12 sont en baisse en cas de syndrome de mal-assimilation.
-hématologique :
Il y a une anémie normochrome, normocytaire discrète, une éosinophilie dans certains cas.

- par l'échographie :
Il y a un épaississement pariétal plus ou moins important des anses iléo-jéjunales, une perte de visualisation des couches échographiques dans les cas chroniques graves. Il y a aussi une hypertrophie des nœuds lymphatiques mésentériques.

- par la fibroscopie :
Les lésions macroscopiques ne sont toujours évidentes.

- par les biopsies :
Elles permettent de confirmer le diagnostic : il y a une infiltration de la paroi intestinale par différentes populations de cellules inflammatoires.

Le pronostic :


Il es rare de guérir définitivement une MICI. Le but du traitement est de réduire au minimum la fréquence des vomissements et des diarrhées . La plupart des chiens et des chats sont capables de vivre avec une bonne qualité de vie après un diagnostic de cette affection ( Centre hospitalier vétérinaire VET 24).

Les traitements :


- de diététique :


Une partie des MICI sont dues à des intolérances ou des allergies alimentaire.
A ce propos ma consoeur le Dr Géraldine Blanchard, vétérinaire spécialiste en nutrition, m'a écrit ces lignes  :

"il est souvent difficile de trouver l’origine de l’inflammation intestinale.
On commence par une évaluation nutritionnelle, afin de proposer une alimentation de qualité (excellente digestibilité) et couvrant les besoins de l’animal (son besoin calorique bien sûr, pour maintenir ou retrouver son poids optimal, mais aussi son besoin protéique, en choisissant un aliment avec un ratio protido-calorique adapté). Car en effet, une carence protéique chronique a des conséquences néfastes à long terme sur la santé digestive.
En cas de suspicion d’allergie ou d’intolérance alimentaire, on peut proposer un régime d’éviction ménager (une viande encore jamais consommée, un féculent bien cuit (pomme de terre avec la peau), de l’huile de colza, un complément minéral et vitaminé), ou un régime industriel (souvent dit hypo allergénique) en veillant à ce qu’il couvre bien les besoins en protéines de l’animal.
Les nutriments à l’origine des intolérances/allergies sont souvent les protéines. Il est bon de choisir une viande jamais ou rarement rencontrée comme du cheval, du poisson, voire du canard. Les glucides ne sont généralement que peu responsables, mais par sécurité, on peut opter pour une source originale comme la pomme de terre ou le tapioca (manioc), dans tous les cas à cuire le jour de la distribution".
Toutefois, un régime ménager n’est jamais équilibré sur les plans minéral et vitaminique. 
 Il est alors nécessaire de le supplémenter avec des compléments alimentaires comme ceux mis au point par ma consoeur  le Dr Géraldine Blanchard. ( cf article : rations sur mesure pour chiens et chats sur son site) (11).

"Le régime est mis en place de manière stricte durant 4 à 6 semaines après arrêt de tout traitement médical. Si la situation s’améliore, on réintroduit l’ingrédient suspect ( rien n’empêche d’ajouter une source protéique suspecte en plus de croquettes « hypoallergéniques », c’est un test de provocation. Si les signes réapparaissent, on sait l’animal allergique à cette viande, sinon, on peut chercher un aliment avec cette source unique, peut-être moins cher et plus riche en protéines, garant à long terme d’une couverture du besoin.
Une alimentation ménagère est plus difficile à mettre en œuvre car elle demande un bon suivi des ingrédients et quantités par le propriétaire. Cependant, c’est le gold standard, et si une première solution industrielle a échoué, cela reste une option thérapeutique sérieuse et efficace".

- d'allopathie :

Il vise à traiter et limiter une surpopulation bactérienne de germes pathogènes qui pourrait être l'origine de l'affection. Il est habituellement prescrit du Metridazole, de la Ciproflaxine et Amoxilline durant 2 semaines, suivi d'une réduction progressive des doses.
En même temps, il est donné des médicaments visant à limiter une possible perturbation immunitaire avec des immuno-suppresseurs comme les corticoïdes (Prednisolone), la Sulfasalazine, l'Azathioprine.


- de phytothérapie :


Il existe plusieurs plantes qui peuvent prescrites (3) :

-La Mélisse   :
Cette plante possède des propriétés antispasmodiques à tel point que mon confrère le Dr P.May la qualifie comme étant le « Spasfon des plantes ». Elle calme tous les spasmes digestifs et agit bien sur les vomissements
Il la recommande d'ailleurs dans la MICI où dit il « elle doit être systématiquement indiquée »

Le Cassis :
C'est un excellent anti inflammatoire, notamment ses bourgeons.
De plus, il possède aussi des propriétés immuno-modulatrices.

Le Noyer :
c'est un excellent anti diarrhéique par la présence de tanins ellagiques qui « resserrent la muqueuse digestive » . De plus, il est aussi des propriétés antifongique et antibactérienne.

Alchemille :
Riche aussi en tanins très astringents, elle possède des propriétés anti diarrhéiques.
Cette plante était déjà connue et utilisée au Moyen -Age comme plante médicinale.
Autrefois, les paysans du Mont Pilat (ma région!) soignaient leurs animaux présentant des diarrhées avec une poignée d'Achemille, sans avoir oublié de frotter la plante sur les pieds de la statue de St Sabin, le Saint guérisseur des animaux dans le Massif....

Réglisse :

La Réglisse est à la fois anti inflammatoire et immuno-modulatrice en évitant « l'emballement immunitaire ». Elle traite bien les gastriques.
Cependant sur le long terme, elle peut provoquer une rétention du sodium, donc de l'hypertension et une insuffisance rénale. A déconseiller chez les cardiaques !

Piloselle :

La Piloselle est indiquée dans le traitement des diarrhées chroniques.
Par ailleurs cette plante est aussi diurétique et cholérétique.
C'est pour moi une des meilleurs plantes pour traiter l'insuffisance rénale des carnivores.


Il est possible d'associer ces plantes :
Mon confrère le Dr Pierre May recommande l'association : Cassis + Réglisse + Noyer + Alchemille sous la forme d'EPS (3).
Mon confrère le Dr Claude Faivre du laboratoire Wamine coneille l'association : Réglisse + Alchemille + Piloselle sous la forme d'EPS. (4).
Pour ma part, je conseille l'association Mélisse + Noyer + Cassis en EPS.

Petit rappel : la posologie des EPS est d'un ml pour 5 kg (maximum 5 ml) (9).


-les probiotiques :


En 2001, l'organisation mondiale de la santé (OMS) a donné une définition officielle des probiotiques qui sont des « micro-organismes vivants qui, lorsqu'ils sont ingérés en quantité suffisante, exercent des effets positifs sur la santé, au-delà des effets nutritionnels traditionnels » .
Ces bactéries ou levures aident à la digestion des fibres, stimulent le système immunitaire et préviennent ou traitent la diarrhée.
Pour avoir un effet bénéfique sur la santé, il faut que plusieurs conditions soient réunies :
  • Ils doivent être vivants (ou lyophilisés) . Une condition nécessaire à leur survie et leur efficacité est l'humidité relative résiduelle de moins de 4 %.
  • Il doit s'agir de souches sélectionnées pour l'effet recherché : il existe des milliers de souches dont chacune a un effet différent.
  • Ils doivent résister à l'acidité gastrique et à la bile; « pour être efficaces sur la flore intestinale », il faut que les probiotiques parviennent vivants dans le côlon et « en nombre suffisant ». Ils ne doivent donc pas être dégradés à la suite de leur passage dans l'estomac et « doivent être capables de résister à l'acidité gastrique et aux sucs pancréatiques »
  • Ils doivent être utilisés en cure d'au moins 10 jours par mois ;
  • Enfin, ils doivent avoir bénéficié d'une démonstration d'efficacité tant chez l'animal sain que chez le malade (5).



Le choix des souches est important (5) :
Parmi les lactobacilles, on peut citer :
-le lactobacillus acidophilus (L401) : action anti adhésion de candida et coli.
-le lactobacillus salivarius (LA 302) : anti inflammatoire, aéro anaérobie (intestin grêle), anti adhésion- bactérocines.
-le lactobacillus plantarum (LA 301) : pouvoir colonisateur, Acido-résistant (colon), immuno-modulateur.
-le lactobacillus rhumnosus (LA 801) : stimulation de TH1 (affections du jeune).
-le lactobacillus helvéticus (LA 102) : immuno-modulateur, fabrique des tripeptiques hypotenseurs.
A côté de ce groupe, il faut ajouter les bifidobactéries (LAFTI B94) . Ils sont stables et résistants.
On peut citer aussi Escherchia coli M 17 qui agirait positivement sur l'intestin irritable.





Ces différents probiotiques doivent avoir certes un pouvoir colonisateur mais aussi des pouvoirs analgésique, anti inflammatoire, immuno-modulateur et mdificateur de la perméabilité intestinale.
D'après ma consoeur le Dr Charlotte Renard, vétérinaire conseil pour Direct-Vet , les souches les plus adaptées à nos animaux de compagnie sont : Lactobacillus acidophilus casei, Enterococcus faecium en Saccharomyces cerevisiae.
Dans les MICI, mon confrère le Dr Claude Faivre conseille de les donner en permanence et de les associer à des fructo-oligosaccharides ( FOS). Ils font partie des substances dites prébiotiques, c'est-à-dire qui favorisent le développement des probiotiques.







Il existe de nombreuses spécialités vétérinaires. Il est préférable d'acheter des probiotiques encapsulés qui ne seront pas détruits par l'acidité de l'estomac.
Parmi ceux ci, j'en citerai quelques uns pour les avoir utilisés : Fortiflora (Purina), Flore équilibre (Wamine), Enteromicro (Mp labo), Enterocyl (Intervet), Canikur pro (Boehringer), Enterocyl (Vétoquinol)....




d' homéopathie :


Elle va permettre d'apporter :
  • une correction des symptomes tels la diarrhée, les glaires ; les gastralgies et vomissements.
  • une action anti inflammatoire sur la muqueuse intestinale.
  • une régulation de la réponse immunitaire.


Quelques médicaments de crise : (10)


-Magnésia carbonica :

Il s'agit souvent d'un animal jeune, nerveux, hypersensible. Son abdomen est douloureux à la palpation. La diarrhée est souvent décolorée pouvant renfermer des mucosités sanguinolentes.
Son état est aggravé par vle contact.

Podophyllum peltatum :

La diarrhée est très liquide et part en jet. L'état général semble peu touché.
Le prolapsus rectal est fréquent.

Aloe socotrina :

Ce remède va permettre de ralentir le péristaltisme . Les matières sont souvent accompagnées de glaires. Il y a souvent alternance entre constipation et diarrhée.
Ce remède d'action générale est celui des animaux émotifs supportant mal l'enfermement.

Argentum nitricum :

La diarrhée est verdâtre avec du mucus. Présence de beaucoup de gaz. On note une aggravation après les repas.

China rubra :

L'animal présente un ballonnement abdominal. La diarrhée est fétide, souvent foncée. Elle peut renfermer des débris d'aliments non digérés. A prescrire aussi en cas d'anémie. Il prévient les déshydratations.

Traitements complémentaires  :

-Muqueuse du colon 5 CH + Intestin grêle 5-9 CH vont permettre par l'effet de l'organothérapie diluée et dynamisée de régulariser le fonctionnement des intestins : 2 prises par jour.
-Argent natif DH 8 : il exerce une action anti infectieuse et anti inflammatoire.
D'après le Dr Max Tetau, « il agit comme restaurateur d'une flore intestinale équilibrée , de plus, il a un effet myo-relaxant. » : une prise par jour. (6).

Traitements de fond :

-Thymuline 9 CH, 15 CH :(7) :
c'est une hormone thymique obtenue par synthèse. Elle joue un rôle dans la réponse immunitaire, par une action sur les lymphocytes T. une dose tous les 8-15 jours
-Eberthinum 9 CH, 15 CH:
il est obtenu à partir du lysat de culture de Salmonelle typhi.
Il est indiqué en traitement d'appoint des diarrhées chroniques : une prise par semaine au départ en
9 CH.
-Parathyphoidinum B 9 CH :
Ce remède homéopathique est obtenu à partir d´un lysat de cultures pures de Salmonella parathyphi B. visant à lutter contre les diarrhées récidivantes et résistantes à des traitements ayant pu être mis en place antérieurement : une prise par semaine au départ.
Ma consoeur Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe conseille de donner Eberthinum 9 CH et Parathyphoidinum 9 CH en alternance (8).

-Colibacillinum 9 CH :
Le colibacille est un germe important du tube digestif. Cette dilution permet de réguler sa population dans le tube digestif.

Je tiens à remercier particulièrement mes consœurs  le Dr Jacqueline Peker, vétérinaire homéopathe (8) et le Dr Géraldine Blanchard , vétérinaire spécialiste en nutrition, (11) qui ont bien voulu lire l'article avant sa publication et qui m'ont apporté quelques conseils supplémentaires dans sa rédaction.
J'associe aussi à ces remerciements le Dr Véronique Baumann, médecin homéopathe, du site homéophyto (7).


BIBLIOGRAPHIE :


(1)- Homéopathie : Connaissances et perspectives d'Alain Horvilleur, Charles-André Pigeot, Fredéric Rérolle.
(2)- Dictionnaire Pratique de Thérapeutique Chien chat et Nac de Robert Moraillon,Yves Legeay, Didier Boussarie Odile Senecat.
(3)- Guide Pratique de Phyto-aromathérapie pour animaux de compagnie, Pierre May.
(4)- Gérer une MICI grâce à une association probiotique raisonnée. Claude Faivre. Dépêche Vétérinaire du 8/09/2017 (n° 1403).
https://arnaudveto.blogspot.com/2010/12/les-probiotiques-dans-le-regne-animal.html
(6)- Nouvelles cliniques de lithothérapie déchélatrice. Drs Max Tetau et Daniel Scimena.
(7)- Homeophyto : https://www.homeophyto.com/
(8)- Soignez votre chat par les médecines naturelles de Jacqueline Peker.
    • Soignez votre chien par les Médecines naturelles de Jacqueline Peker, vétérinaire

    https://arnaudveto.blogspot.com/2015/02/posologies-en-homeopathie-et.html
(10)- Guide pratique d'homéopathie chez le chien, le chat et les Nac de Marie-Noëlle Issautier, vétérinaire.
(11)- Le blog de Géraldine Blanchard : blog.cuisine-A-crocs.com et Cuisine-a-crocs.com







vendredi 24 novembre 2017

Le Complexe Gingivo Stomatite Chronique Féline (CGSCF)

par le Docteur Joëlle ROBYNS, vétérinaire













Introduction :
Complexe par définition, le CGSCF constitue un véritable défi thérapeutique et les guérisons
définitives sont rares. Il n’existe pas un traitement unique mais plutôt plusieurs solutions
thérapeutiques, chimiques mais aussi naturelles, dont l’efficacité sera différente d’un animal à
l’autre. Les récidives sont fréquentes dans cette affection, et lorsque l’animal est en rémission, un
traitement de fond s’impose et permet bien souvent d’éviter les rechutes.

Localisation :
L’inflammation peut concerner :
• Le palais et/ou la base de la langue, on parle
alors de palato-glossite,
• Les gencives, il s’agit alors de gingivite.
• Du parodonte, on parle de parodontite.
• Les joues, babines et vestibule oral, ce sont des bucco-stomatites.
• L’espace compris entre les piliers du pharynx (plis palato glosses), les fosses pharyngées et les
loges amygdaliennes, ce sont les stomatites caudales
• la stomatite concerne l’inflammation de la cavité buccale au sens large

Etiologie :
L’origine du CGSCF est multifactorielle, tous les cas ne sont pas identiques. L’origine du
problème résulte d’une défaillance de certains mécanismes de défense de la cavité buccale ou
d’une réponse immunologique anormale provoquée par certaines bactéries périodontopathogènes
et/ou par certains virus. D’une manière générale et pour simplifier, les chats atteints du CGSCF ne
possèdent pas assez d’IgA dans leur salive mais ont beaucoup trop d’IgG (et d’IgM) dans leur
salive et dans leur sang.
Chez le chat malade, la réponse immunitaire est inadaptée et de type Th1, elle produit des
lymphocytes T cytotoxiques (LTCD8+ ) responsables des lésions observées. Il s’ensuit un cercle
vicieux car l’épithelium endommagé laisse passer virus et bacteries qui induisent à nouveau une
réponse de type Th1.
Chez le chat sain, la réponse immunitaire est de type Th2 avec production de lymphocytes T
regulateurs (LTCD4+) et synthèse d’IgA .

classification :
Etant donnée la diversité clinique, il serait intéressant de pouvoir les différencier avec comme
critères, localisation, aspect des lésions et agent causal :
• La localisation
Gingivite= inflammation de la gencive
Péridontite = inflammation de la gencive, du ligament parodontal, du cément et de l'os
alvéolaire.
Stomatite = inflammation entière de la cavité buccale.
Glossite = inflammation de la langue
• Les lésions observées (macroscopiquement et histologiquement)
Hyperplasique, ulcérative ou les 2
Lymphocytaire, plasmocytaire ou les 2
• Les mécanismes pathologiques déclenchants et/ou favorisants.
Déséquilibre de la flore buccale
Plaque dentaire et tartre
Condition immunosuppressive telles que FeLV ou FIV
Allergie à la plaque dentaire (immuno-réactive)

Examens complémentaires :
• Dans un premier temps, il faut effectuer un bilan hématologique et biochimique pour rechercher
une maladie concomitante comme une insuffisance rénale, un diabète sucré, une hypothyroïdie
ou une anomalie hépatique. La recherche des virus FelV et FIV par sérologie est indispensable,
la présence de l’un et/ou l’autre assombrit le pronostic.
• Dans un deuxième temps et sous anesthésie, il faut faire bilan bucco dentaire associé à un
détartrage ainsi qu’un bilan radiographique si possible. Le retrait des molaires et prémolaires
est nécessaire lors d’allergie à la plaque dentaire ou lorsque qu’il y a résorption odontoclastique,
déchaussements ou présence de poches parodontales. Suite à ces extractions, un certain
pourcentage de chats guérissent spontanément. La recherche du calicivirus (FCV) par PCR se
réalise par écouvillonnage de l’oro-pharynx, il est presque toujours présent dans les atteintes
caudales.

Symptômes :
Hyper salivation et halitose, poil terne car ne chat ne fait plus sa toilette, dysorexie voire
anorexie, répugnance à la préhension et à la mastication, prostration dans les cas plus grave, bref,
le chat a mal et le fait savoir !
Les lésions observées sont un mélange d’ulcération et/ou d’hyperplasie de l’épithélium buccal.
A l’ouverture de la bouche, si le chat se laisse faire, sa muqueuse apparait « rouge » car
terriblement enflammée.

Traitements:
Le schéma doit bien sûr être adapté en fonction du cas et de son évolution mais aussi en fonction
de la motivation de son propriétaire, de la facilité du chat à prendre son traitement et de l’aspect
financier.
Il faut en premier lieu « nettoyer » la cavité buccale pour éliminer les germes responsables de cette
cascade inflammatoire : Parfois difficile à administrer, antidouleurs et antibiotiques adaptés sont
incontournables dès les premiers symptômes :
• Antibiotique avec la clindamycine que je préfère à l’association spiramycine/metronidazole
pendant 2 à 3 semaines.
• Anti inflammatoire avec le meloxicam très bien toléré et efficace pendant 5 à 10 jours.
Puis je distinguerais 2 sortes de traitement :
• Un traitement « de fond » avec la phytothérapie, l’homéopathie, l’oligothérapie, l’apithérapie,
parfois suffisants seuls.
Un traitement plus lourd et plus onéreux que je mets en place en cas d’insuffisance du
précédent ou lorsqu’il est impossible de faire avaler quoique ce soit !
D’un chat à l’autre, la réponse peut-être très différente et plus encore, pour un même chat, il
peut arriver qu’un traitement autrefois efficace s’inactive avec le temps.

PHYTOTHERAPIE :

• Gel d’Aloe Vera : possède à la fois des propriétés anti inflammatoires et immuno-stimulantes,
c’est aussi un bon cicatrisant des plaies et donc des ulcères buccaux. Posologie : 0,5ml 1 à 2 fois
par jour en continu ou sous forme de cure en fonction des résultats. Je conseille l’ANIMALOE
du laboratoire LABBÊA concentré, naturel et très bien accepté même en cas de douleur
importante.
• Uncaria Tomentosa aussi appelé Griffe du chat, puissant immuno-modulateur, il est
indispensable en traitement de fond. Existe en gélule à 500mg, la dose journalière étant de
100mg, je fait diluer 1 gélule avec un aliment que le chat aime (ex : 5 ml de jus de thon), il suffit
ensuite de donner 1 ml par jour. A donner sur 3 mois à raison de 2 fois par an ou en continu si
nécessaire.
• Cassis (ribes nigrum), anti-inflammatoire puissant, immunomudulatrice, analgésique
périphérique, antiviral et antioxydant.
• Melisse : Cette plante possède des propriétés anti virale, elle est aussi anti-ulcéreuse, bactéricide
et présente des propriétés stimulante sur la digestion. De plus elle agit positivement sur
l’humeur ce qui ne peut faire que du bien aux pauvres chats qui souffrent de leur bouche.
• Reglisse : Sa racine est immunomodulatrice, elle est aussi anti-inflammatoire (cortisone like)
antibactérienne, antivirale, antifongique, cicatrisante et anti-ulcéreuse gastrique.
Le BUCCANIMA du laboratoire LABBÊA, bientôt disponible sur le marché vétérinaire, contient
mélisse+cassis+réglisse+propolis+ zinc. C’est une pâte à appliquer directement dans la bouche ou
à mélanger à l’aliment. La posologie est de 0,2 à 0,3ml par jour pendant 3 mois renouvelable.

Les huiles essentielles peuvent être utilisées localement mais avec une dilution importante
(0,5%) dans de l’huile végétale ou de l‘Aloé Vera. Je conseille un mélange d’HE de laurier noble
et de clou de girofle. La prise orale d’huiles essentielles antivirales et immunostimulantes
(STIMUNVET® contient de l’HE de Ravintsara, de clou de girofle et de thym saturéoïde) est
bénéfique pour un traitement à long terme surtout lorsque le chat est positif à l’un des virus FIV,
FelV ou FCV. La posologie conseillée est d’une gélule, 2 fois par semaine pendant 3 mois.
Je teste en ce moment avec ma consoeur Celine Moussour un mélange très prometteur :
ANIMALOE + BUCCANIMA +GEL aux HUILES ESSENTIELLES en 1 à 2 applications par jour.

• gemmothérapie ou Phytembryothérapie : c’est l’utilisation des jeunes pousses et des bourgeons
sous forme de macérât concentré.
Thérapie très intéressante car le bourgeon d’une plante contient tout le potentiel de
développement, toute la puissance de la future plante, il est extrêmement riche en minéraux, en
oligo éléments, vitamines et facteurs de croissance.
Les bourgeons sont récoltés au printemps, à un moment clé de leur cycle de développement
naturel et sont mis en macération frais pendant plusieurs semaines dans un mélange d’eau-alcool-glycérine.
L’extrait obtenu porte le nom de macérat concentré car il ne subit aucune dilution. Cette
technique permet d’extraire toutes les vertus et l’énergie vitale des bourgeons. Chaque élément du
mélange de macération joue un rôle spécifique : l’eau extrait les sels minéraux, les vitamines, les
flavonoïdes… ; l’alcool extrait les alcaloïdes, les hétérosides… et la glycérine végétale extrait les
flavonoïdes, phénols…
Le Cassis est mon préféré (allergie, anti-infectieux, anti-inflammatoire, immuno-régulateur)
associé au rosier sauvage (antiviral, stimule l’immunité) et au chêne ( cicatrisant de la muqueuse
gingivale, cortisone-like). Il faut utiliser le macérât concentré, qui contient peu d’alcool et donc
bien accepté même par les chats. La posologie est de 1 goutte du mélange et par jour, ce qui est
très peu et très économe !
• Spiruline, très riche en anti-oxydant (Phycocyanine), en minéraux et oligo éléments, je
recommande les ampoules buvables d'Alpha Biotech. Le chat le prend très bien aussi car très
peu de gout ! Posologie : 0,5 ml à 2 ml par jour, en cure de 3 semaines renouvelable.
• Echinacée anti infectieuse (bactérienne,fongique,virale, parasitaire) elle possède aussi de belles
propriétés immuno-stimulante en activant notamment la production d’IgA. A utiliser sous
forme de cure de 10 jours par mois sous forme d’EPS : 2ml par 10 Kg et par jour.
D’autres thérapies existent, bien sur, et cette liste n’est pas exhaustive mais j’ai voulu citer celles
que je connais et que j’ai utilisé avec succès.
Evidemment, il n’est pas indiqué d’utiliser tous ces traitements en même temps mais l’un après
l’autre de manière à tester celui ou ceux qui sont acceptés par le chat et qui lui sont bénéfique.

APITHERAPIE :
• propolis : Ce dérivé de la ruche possède des propriétés anesthésiante, cicatrisante,
hémostatique, antivirale, antibactérienne, antifongique. Ne pas utiliser la forme
alcoolisée, elle existe en poudre mais on la trouve aussi sous forme liquide. Le gout est
en général bien accepté.
• miel : très efficace pour cicatriser et désinfecter les plaies, la prise spontanée par certains
chats en fait un traitement de choix pour les plaies buccales mais attention il faut le
distribuer en toute petite quantité à cause de sa richesse en sucre !
• pollen : tonifiant, probiotique, immunostimulant, c’est un apport protéique de qualité
facile à administrer à raison d’une cuillère à moka par jour. Attention, le pollen doit être
frais et conservé au congelateur ou réfrigérateur.
• gelée royale : nectar de la ruche, c’est une denrée rare qu’il faut utiliser avec parcimonie
et à bon escient. Il faut aussi se méfier de sa provenance et bien la conserver à l’abri de
lumière et de la chaleur. L’équivalent d’un grain de riz par jour est suffisant en cure
de 3 semaines.

HOMEOTHERAPIE :
• Apis 5CH, dès qu’apparait la rougeur
• Borax 5CH, en présence d’ulcérations sur les gencives et sur les bords de la langue.
• Mercurius sol 5CH, si la douleur est intense.
• Lachesis 5CH, lors d’association de douleur, rougeur et saignements.
• Thymuline 9CH, pour stimuler l’immunité, 5 granules deux soirs par semaine.
• Baptisia 5CH, peut être prescrit quand les lésions descendent sur le pharynx et quand l’odeur est
forte.
OLIGO-ELEMENTS  :
Présents en quantité infime, les oligoéléments jouent un rôle biologique essentiel,
• Cuivre-or-argent : ces 3 molécules sont anti-infectieuses, anti-virales et cortico-stimulatrices.
Il est proposé en tant que modificateur de terrain dans tous les états
anergiques, les troubles fonctionnels résistant aux thérapeutiques usuelles, toutes les
maladies infectieuses aiguës, chroniques et leurs suites. Faire des cures de 0,5 ml par
jour et à jeun.
• Argent colloïdal : antibactérien, antifongique, anti-inflammatoire, il corrige les
dysimmunités mais il faut être scrupuleux lors de son achat pour éviter les fraudes. Sa
posologie est de 1 à 2 gouttes par kilo en cure de 3 semaines ou 10 jours par mois.
• Chlorure de magnesium, est anti infectieux, il es aussi immunostimulant. Diluer 1 sachet de 150
gr de nigari dans 1 litre d’eau et donner 1/2 à 1 c à café par jour dans la nourriture. A proscrire
en cas d’insuffisance rénale.
• Zinc : le zinc est un oligoélément essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, c’est
un excellent antioxydant, il joue aussi un rôle important dans le maintien des défenses
immunitaires, il permet, entre autres activités, une meilleure cicatrisation des plaies.
Mais comme il n'est pas stocké par l’organisme, sa supplémentation est nécessaire en
cas de trouble.

COMPLEXE D’ACIDES GRAS, L’ARA 300 ALPHA :
Injection de 2 ml en SC + anesthésique local à J0-J3-J6-J9-J12, puis injection tous les mois ou tous
les 2 mois suivant le résultat clinique. Les résultats sont parfois bluffants, la douleur est vite
soulagée mais certains chats récidivent dès l’arrêt du traitement.
avantage : peu onereux, facile à mettre en place, sans effet secondaire. Idéal chez les chats
récalcitrants au traitement oral.

THERAPIE CELLULAIRE :
Les cellules souches mésenchymateuses apparaissent comme un traitement prometteur pour les
maladies dysimmunitaires et inflammatoires grâce à leurs propriétés immuno-régulatrice.
Le protocole consiste en 2 injections à un mois d’intervalle en intraveineuse lente.
Un test est disponible pour savoir si le chat va répondre à la thérapie cellulaire pour ainsi obtenir
90% de réponse positive.
Le traitement est onéreux, mais 2 injections suffisent, protocole d’avenir ? Pour en savoir plus,
contacter la société StemT.

LE LASER :
La thérapie au laser est une technique thérapeutique indolore et non invasive qui peut être
appliquée à toutes les pathologies dans lesquelles sont présents douleur, inflammation, oedème,
plaies et ulcères.
Le laser a un effet anti-douleur en suppressant les nocicepteurs de la région et en augmentant la
sécrétion d’endorphine. Il a un effet anti-inflammatoire en diminuant l’oedeme et active le
drainage lymphatique Il permet également la guérison de la plaie en augmentant la production de
fibroblastes et de collagène, lesquels sont essentiels pour la réparation tissulaire. Le laser
augmente aussi le nombre de capillaires dans la région, accélérant ainsi la fermeture de la plaie et
diminue la formation de tissu cicatriciel.
inconvénients : peu de cliniques vétérinaires sont équipée car le laser est d’un cout très élevé !

INTERFERON OMEGA RECOMBINANT D’ORIGINE FELINE :
Les interférons appartiennent au groupe des cytokines qui ont des propriétés antivirales et
immunomodulatrices. 3 modes d’administration sont recommandés:
• 3 injections de 1 à 2 MU à 15 jours d’intervalle dans les fosses palatoglosses et sous anesthésie
générale. A renouveler tous les mois en cas de récidive.
• 5 injections de 2 MU en SC, chaque 2 jours associée à la voie orale si possible.
• La voie transmuqueuse serait à privilégier en administrant 10 000 UI d’interféron oméga
directement dans la bouche pendant un à trois mois.
inconvénients : résultats inconstants, traitement couteux, voie orale pas toujours facile à
administrer.

CYCLOSPORINE :
La ciclosporine est une molécule inhibitrice des lymphocytes T.
Sa posologie est de 2 à 7,5 mg/kg en 2 prises par jour par voie orale, avec un minimum d’un mois
avant d’observer une bonne amélioration. Ensuite il faut trouver la dose minimale efficace, un jour
sur deux à 1X/semaine pour certains chats. Le laboratoire Iddex propose un dosage sanguin
permettant ainsi de trouver la bonne posologie car l’absorption est variable d’un chat à l’autre.
inconvénients : thérapeutique immunodépressive ! Pas d’AMN chez le chat, traitement couteux,
voie orale pas toujours facile à administrer, récidive dès l’arrêt du traitement.

CORTICOÏDES :
Certains chats répondent très bien à cette thérapie…Mais les corticoïdes ont un effet dépresseurs
du système immunitaire pouvant aggraver l’immunodéficience due à un éventuel rétrovirus.
Malheureusement le recours à ce type de traitement est parfois le seul possible lorsque le chat
n’est pas manipulable ou que le prix des autres traitements est prohibitif.
Néanmoins, il ne faudrait les utiliser qu’en dernier recours.

Conclusion :
Jusqu’à aujourd’hui, le pronostic du CGSCF était toujours réservé voire mauvais du fait de la
chronicité, de la résistance aux traitements et du taux de récidive relativement important.
Il est pourtant possible de soulager voire même de guérir ou du moins de prévenir les échecs à
condition d’avoir une approche pluri thérapeutique en intégrant des thérapies naturelles qui
s’avèrent efficaces, qui ne présentent aucun effet secondaire même sur le long terme, ce qui permet
ainsi de ralentir ou stopper l’évolution de ce complexe.
Prescrire ces médecines alternatives, c’est aussi répondre à l’attente de nos clients, désireux
aujourd’hui de se soigner et de soigner leurs animaux de manière plus « naturelle ».

Bibliographie :
REVUES
• Boutoille F. et al. Traitements adjuvants aux soins dentaires lors de gingivo-stomatite féline. Le Point Vétérinaire.
2009.
• Hennet P. Chronic gingivo-stomatitis in cats: long term follow-up of 30 cases treated by dental extractions. J Vet Dent.
2005.
• Hennet P. et al. Comparative efficacy of a recombinant feline interferon omega in refractory cases of caliciviruspositive
cats with caudal stomatitis
• Girard N. et al. Retrospective study of dental extraction for treatment of chronic caudal stomatitis in 60 caliciviruspositive
cats. Vet Dental Forum Congress 2005.
• Hennet P. Les stomatites du chat. Prat Méd Chir Anim Comp 1999;
• Camy G. Le complexe gingivostomatite chronique : étiologie et approches thérapeutiques. L’Essentiel. 2010;197:17-20.
THESES
• Damien MEDAN, LA STOMATITE LYMPHOPLASMOCYTAIRE FELINE, MECANISMES IMMUNOPATHOLOGIQUES ET
APPLICATIONS THERAPEUTIQUES, thèse présentée et soutenue publiquement en 2006 devant l’Université Paul-Sabatier de
Toulouse
• Christel VIRON-LONGUET, LE COMPLEXE GINGIVO-STOMATITE LYMPHOPLASMOCYTAIRE DU CHAT, thèse présentée et
soutenue publiquement devant LA FACULTE DE MEDECINE DE CRETEIL en 2006
LIVRES
• Pierre MAY, guide pratique de phyto-aromathérapie, édition MED’COM.
• Philippe ANDRIANNE, la GEMMOTHERAPIE edition AMYRIS


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MERCI DE TOUJOURS LE DISTRIBUER TEL QUE ET EN ENTIER (PAS D'EXTRAIT) ET DE

CITER LA SOURCE.















Dr Joëlle Robyns, vétérinaire.

vendredi 17 novembre 2017

Ma chienne "Molécule"


Les isothératiques et les nosodes : les  biothérapiques :

Toute l'homéopathie est fondée sur le célèbre "Simila similibus curantur" : les semblables sont soignés par les semblables.
L’isothérapie pourrait être définie comme la thérapeutique fondée sur la loi "l’identique est soigné par l’identique".
Elle utilise, à dose atténuée, la même substance qui est la cause d'un état pathologique en vue de le traiter et de le guérir.

Historique :

Cette méthode a été crée en 1833 par un vétérinaire allemand, le Dr G.Lux dans le but de traiter le charbon du mouton et la morve du cheval. Il écrivait alors : « Toutes les maladies contagieuses renferment dans leur produit même les éléments de la guérison ». On lui doit les nosodes : Anthracinum (charbon du mouton) et Malleinum (morve du cheval).
Un peu plus tard, Héring, médecin homéopathe américain prépare l'isopathe Psorinum à partir de bouton de gale sarcoptique. C'est un remède important de la diathèse psorique.
Plus recemment, en 1948, le Pr Bordet de l'Ecole vétérinaire d'Alfort traite les lithiases urinaires avec des isothérapiques mixtes d'urine et de calculs.

Quel est la différence entre un isothérapique  et un nosode ?

Un isothérapique provient du malade lui-même. Utilisé chez un autre sujet, il devient un nosode. 
« On peut considérer l'isothérapique comme l'équivalent d'un auto-vaccin et le nosode comme un stock vaccin » ( H.Quiquandon, vétérinaire).
Depuis 1955, les différentes substances, non chimiquement définies, provenant soit de cultures microbiennes, de sécrétions ou d'excrétions pathologiques sont appelés « biothérapiques ». Elles doivent avoir une autorisation de mise en vente en France pour être commercialisées. Leur nombre est limité à 26.

Origine des isothérapiques :

Leur origine est très variée :
Ils peuvent parvenir de secrétions et excrétions provenant du malade lui même : sang, salive, poils, squasmes....
Ils peuvent provenir de microbes isolés du malade comme le staphylocoque à partir d'une plaie cutanée, d'un colibacille isolé à partir d'urines infectées …
Ils peuvent aussi provenir de l'environnement : les hétéro-isotherapiques ou appelés exogènes : un aliment (additif alimentaire...), une plante (pollen...), un médicament ( d'anesthésie, de chimiothérapie, un vaccin...), un produit chimique (ciment, peinture...). Ils sont à l'origine de diverses formes d'allergie : alimentaire, respiratoire, cutanée...

Les contre indications :

Ils font éviter l'emploi d'un isothérapique sur un animal malade en mauvais état (cachectique par ex.) et en présence d'une tumeur maligne.

Mise en place d'un traitement :

Dans les maladies aigues, il est préférable de commencer un traitement en basse dilution (4-5 CH).
Pour les maladies chroniques, il faut souvent associer dilutions moyennes (7-9 CH) à des hautes dilutions (15-30 CH).
Il n'y a pas de protocole de traitement-type comme dans tout traitement homéopathique.
Le traitement doit être individualisé à chaque cas clinique en tenant compte de la constitution, le reflet de ce qu'il est, du tempérament de l'animal, c'est à dire la manière dont il réagit et sa diathèse homéopathique.

Quelques biothérapiques autorisés en France et les plus utilisés en médecine vétérnaire des petits animaux :

Anthracinum : 
 
Il est préparé à partir d'un lysat de foie de lapin charbonneux.
Son indication est le traitement des suppurations fétides et noirâtres

Aviaire :

C'est de la tuberculine aviaire diluée et dynamisée.
Cet ancien nosode est prescrit dans les affections chroniques (otites récidivantes, coryza chronique...).


Colibacillinum :

Il est obtenu à partir d'un lysat de colibacilles.
Il est prescrit dans les affections urinaires.

Enterococcinum :

Il est obtenu à partir d'un mélange de plusieurs souches d'entérocoques lysés.

Influenzinum :

C'est un des vaccins contre la grippe de l'Institut Pasteur.
Il est utilisé au début d'une épidémie virale et suivi par Occillococcinum.
Une indication possible dans le coryza débutant chez le chat.

Luesinum :

Il est préparé à partir de sérosités de chancre syphilitique.
Il est prescrit dans les dermatoses rebelles présentant une peau épaisse, scléreuse, fissurée...
Il semblerait être le remède de fond de la fluxion périodique du cheval. (H.Quiquandon).

Medorrhinum :

Il est obtenu à partir de sécrétions urétrales purulentes sur des sujets atteints de gonococcie.
C'est le remède des chiennes sujettes aux leucorrhées et des mâles présentant de la balanite.
Il peut être aussi prescrit dans les affections trainantes mycosiques.
Ce remède est aussi indiqué chez un animal présentant des manifestations rhumatismales chroniques améliorées par le mouvement et aggravées par l'humidité. Souvent le chien ne tient pas en place...
C'est aussi le remède de l'animal irritable. Son caractère est variable dans la journée.
Etant un remède du terrain sycotique, il est aussi prescrit sur des animaux amaigris et fatigués et dont le caractère a changé depuis qu'ils sont malades.


Psorinum :

Ce nosode biothérapique a été crée par Hering.
Il est obtenu actuellement à partir de sérosités prélevées sur des malades atteints de gale.
Il est appelé souvent le « Sulfur refroidi » anergique. Il présente 3 groupes de symptômes caractéristiques :
-l'absence de réaction organique : c'est un animal plutôt frileux.qui recherche le chaud mais craint la forte chaleur....Son état se dégrade au moindre froid ou courant d'air...
-l'alternance et la périodicité des troubles : cutanés, muqueuses, séreuses.
-des signes cutanés importants : mauvaise et forte odeur de tout le corps, éruptions croûteuses, ulcéreuses, prurit généralisé avec des complications microbiennes....
Le psychisme est un animal triste recherchant la solitude, irritable...
Ses indications sont nombreuses en dermatologie et dans les affections chroniques comme les otites chroniques du chien. A ce propos, une de mes amies, le Dr Véronique Baumann, médecin homéopathe dit avoir guéri son chien d'otites chroniques avec une seule dose de Psorimum 15 CH Auparavant, il avait reçu de nombreux traitements allopathiques aussi bien par les voies locales et générale.
. Sur un tout autre sujet, cette personne dit également avoir guéri un petit orme des cochenilles par une pulvérisation diluée de Psorium 30 CH.
C'est le remède à prescrire en présence d'un manque de réactivité aux remèdes prescrits, pourtant bien indiqués par suite d'un affaiblissement de l'organisme.

Pyrogénium :

La souche est constituée d'un autolysat de protéines de viande de bœuf, porc et de placenta humain.
Il est indiqué dans tous les états septiques pouvant résulter d'affection bactérienne, virale ou toxique.
Il sera prescrit dès le début d'une suppuration, avant la prise d'Hepar Sulfur.
Il est aussi indiqué dans les affections gastro-intestinales comme la Parvovirose canine où il est associé à Phosphorus.

Staphylococcinum, Streptococcinum :

Ils sont respectivement fabriqués à partir de souches microbiennes de staphylocoques et de streptocoque.

Staphylotoxinum :

La souche est constituée de l'anotoxine staphylococcique. Il est indiqué dans les affections dues à ce germe, notamment dans le traitement cutanées dues à ce germe.

Tuberculum crudum (TK) :

C'est l'ancienne tuberculine de Koch diluée et dynamisée. C'est le premier biothérapique qui a fait l'objet d'une étude expérimentale sur l'animal (cobayes) en 1958 par M.Tetau et S. de Luna.
C'est le remède chef de fil de la catégorie des tuberculinique. En règle générale, il ne doit jamais être prescrit d'emblée mais de préférence après un drainage....
Chez le chien, cela serait plus un remède des névrites que des rhumatismes. Il serait très fidèle dans les névrites consécutives à une arthrose cervicale avec des douleurs intenses et le besoin de changer de place. Cet état est aggravé par le froid humide.

Tuberculum residum (TR) :

Il s'agit d'une solution glycérinée renfermant les principes insolubles dans l'eau du bacille de Koch.
Son indication est dans le traitement de l'arthrose aggravée par le repos et les premiers mouvements mais amélioré par un mouvement continu.

Pour conclure, il est regrettable que certains nosodes sont interdits en France, notamment celui de la Péritonite Infectieuse Féline (PIF). D'après Mme Iréne de Villiers, immunologiste anglo-saxonne (+) ce nosode permettrait de guérir des chats atteints de cette maladie virale mortelle à pratiquement 100 % des cas cliniques dans sa forme humide (ascite + icter).
Il semblerait même que des nosodes soient utilisés Angleterre en remplacement de vaccins ce qui paraît être dangereux et non à conseiller.

Bibliographie sur ce sujet :

-Homéopathie vétérinaire. Biothérapie d' Henri Quiquandon, vétérinaire.
-Guide pratique d'homéopathie vétérinaire chez le chien, le chat et les nacs de Marie-Noëlle Issautier, vétérinaire.
-Matière Médicale des biothérapiques-nosodes d'Othon-André Julian.
-Homéopathie : connaissances et perspectives d'Alain Horvilleur et col.
Cancer et homéopathie du Dr J-L Bagot ( les hétéro-isothérapies en cancérologie).


Sites internet  sur ce sujet :

-http://www.phytanimal.fr/ : Homéopathie et Isothérapie. Un praticien à votre écoute.
-https://www.homeophyto.com/ :: les nosodes en médecine vétérinaire par le Dr Marcel, vétérinaire et le Dr Véronique Baumann, médecin.
http://homeomalin.com/quest-ce-quun-isotherapique/ par Albert-Claude Quemoun
https://www.vismedicatrixnaturae.fr/sante-generale-1/dossier-vaccination/les-nosodes-une-alte
https://hpathy.com/veterinary-homeopathy/feline-infectious-peritonitis-fip/ Written by Irene de Villiers .